Posted on: 2 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Les pirates sont arrivés au Liban et ils ne chôment pas ! Ils sont allés en reconnaissance sur le terrain qui va accueillir l’écovillage permettant de reloger les sinistrés de l’explosion du 04 août dernier.

Ils ont pu analyser les possibilités de construction et repérer l’emplacement pour les maisonnettes. Ils vont débroussailler le terrain et faire la liste du matériel qui sera nécessaire aux travaux. Ils sont également allés sur le lieu de l’explosion pour constater les dégâts et échanger avec les populations afin de mieux comprendre leurs besoins.

« Cette journée a été très productive et enrichissante » raconte Rebecca. « Cela m’a donné du peps et m’a confortée dans ma démarche » ajoute-t-elle.

Les pirates ont été très bien accueillis par la population locale dans les différents quartiers qu’ils ont visités. Place des Martyrs et quartier de Karantina, ils ont pu toucher du doigt l’ampleur des dégâts et des besoins pour les familles. L’association Go Green les a accompagnés afin de leur faire visiter quelques appartements touchés. Ils ont également mis en place une liste de noms et de numéros de téléphone avec les besoins de chaque foyer concerné.

Laura est très touchée par la situation sur place. Elle s’était, bien sûr, préparée à voir des choses difficiles mais la détresse des populations l’a frappée en plein cœur. « J’ai déjà fait de l’humanitaire, j’ai déjà côtoyé et partagé la misère que vivent certaines personnes » explique-t-elle. « A chaque fois c’est différent mais cette fois-ci je me suis sentie prise de court » confie-t-elle. Des images frappantes, qui resteront gravées en chacun d’eux. Laura nous parle de ces personnes qu’elle a croisées. « Ce petit garçon, pieds nus, en pyjama, qui riait aux éclats à chaque fois que je lui souriais. Ce papi arrivant en boitant et cherchant de l’aide dans mon regard, cette femme qui me tend la carte d’identité de son mari décédé dans la catastrophe » ajoute-elle. Et puis, arrive la phase de submersion devant l’ampleur de la tâche. « Comment trier les besoins ? Qui suis-je pour juger quelle famille a besoin d’aide ? Quelle famille peut gérer cette crise seule ? » Tout cela la désole.

Devant l’arrivée de ces européens venus aider, la réaction est immédiate, les gens tentent de faire entendre leur voix et leur détresse. Les pirates sont en colère devant tant de désarroi. Le choc émotionnel doit être amorti pour pouvoir avancer. « J’ai mal au cœur comme je n’avais pas eu depuis longtemps » ajoute-t-elle.

Marie-Laure aussi est sous le choc face à l’ampleur de la tâche. « Des maisons tombées, des débris partout » raconte-t-elle. « Je me suis sentie dépassée dans un premier temps, puis oppressée et j’ai fini par angoisser ». Mais malgré cette vague d’émotions ils sont plus que jamais motivés à faire avancer les choses et à venir en aide à la population endeuillée.

Pendant ce temps, les pirates qui sont encore sur Marseille mettent toute leur énergie dans les derniers préparatifs. Ils ont finalisé les modalités de paiement pour disposer du conteneur ce jeudi. Emmaüs Marseille Pointe Rouge tient ses engagements et plus encore. Ils ont mis à disposition des pirates 10 malles en métal afin de transporter les outils nécessaires à la réalisation du projet. La bétonnière et les portes sont prêtes à être emmenées et ils vont également trier et organiser les matériaux sur des palettes pour faciliter le chargement du conteneur.

Sur place, Rebecca explique que le terrain est « très joli, avec des terrasses, des arbres fruitiers, une rivière, un moulin en pierre, des jardins cultivés ». Un petit paradis qui, avec la force et la conviction des pirates deviendra, un lieu de vie pour ces populations démunies face à cette catastrophe.

“Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences” Françoise Dolto (Ecrivaine et scientifique)

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