Posted on: 2 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Hier soir, à Paris, les forces de l’ordre ont violemment délogé plus de 450 migrants, installés place de la République à Paris. Des images choquantes et honteuses dans un État de droit tel que la République française.

Si l’accumulation de ces tentes sur la célèbre place parisienne était impressionnante, celle-ci est à la hauteur du nombre de migrants qui ont été évacués du camp de personnes exilées à Saint-Denis le 17 novembre dernier et qui a laissé « entre 700 et 1000 personnes à la rue sans solution d’hébergements », selon Utopia 56 (association créée en 2015 pour encadrer le bénévolat qui se déployait sur la jungle de Calais).
Avec ce campement, les migrants et les associations qui les accompagnent espéraient éveiller les consciences sur la réalité de ces personnes à la rue, de surplus en cette période de crise sanitaire. Mais cette opération n’a pas eu l’effet escompté.

Solution pour les forces de l’ordre ? Venir enlever ces tentes, parfois avec des exilés encore à l’intérieur. Les images sont choquantes. Des coups sont donnés aux migrants. Certains représentants de l’État et des associations ont même été bousculés. Les forces de l’ordre sont en roue libre. C’est finalement sous les tirs de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement que quelques centaines d’exilés et leurs soutiens ont finalement été dispersés dans les rues de l’hypercentre de Paris. Une fois de plus, la réponse de la France à une situation sociale critique est d’employer la force policière. Cela pose tout de même question par rapport à l’avenir de ce pays, héritier des lumières.

La police des polices a été saisie et doit rendre son rapport dans 48 heures, sous l’ordre de Gérald Darmanin, Ministre de l’Intérieur, qui se dit choqué par les images. La question qui se pose est de savoir si le ministre était, ou non, à l’origine des ordres donnés par le préfet de Paris, sachant que sa position de ministre et la centralisation exacerbée depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, laissent peu de place au doute.

L’image de la France semble déjà quelque peu dégradée à l’international. Ce scandale humanitaire ne va sûrement pas arranger cette situation.
De plus, les violences policières se développent à grande vitesse dans notre pays. Quid de la loi « sécurité globale » et de ses conséquences, en pratique. Elle porte sur le renforcement des pouvoirs de la police municipale, l’accès aux images des caméras-piétons, la captation d’images par les drones et la diffusion de l’image des policiers. Cette mesure est d’ailleurs plébiscitée par les syndicats de policiers mais décriée à gauche et chez les défenseurs des libertés publiques, qui y voient « une atteinte disproportionnée » à la liberté d’informer et le signe d’une nouvelle dérive autoritaire de la Macronie.

« Pourquoi ? Pourquoi cette fausseté dans les rapports humains ? Pourquoi le mépris ? Pourquoi le dédain ? Où est Dieu ? Que fait la police ? Quand est-ce qu’on mange ? » Pierre Desproges (humoriste)

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