Posted on: 2 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

L’actu de Manon a eu le privilège de pouvoir interviewer Wael Aman Eddine, Président de Go Green au Liban, dans le village de Kfarhay, au milieu des montagnes. Cette Organisation Non Gouvertementale a pour objectif de préserver la planète à travers différentes actions « vertes » au Liban. Il s’exprime sur le projet en cours de Go Green, ainsi que sur la politique de son pays.

Qu’est-ce que Go Green ? Quel est son rôle ?

« Go Green est né d’un groupe d’amis de différents milieux. Il y a eu de nombreux problèmes après la crise économique et nous avons pensé à une solution pour aider la société et les travailleurs. Le but est de créer des emplois. En entrant dans Go Green, l’idée est d’aider au recyclage contre rémunération. Ici, au Liban, cela ne peut fonctionner que par région, afin que les gens se sentent concernés directement par les actions mises en place. Nous souhaitons, par exemple, produire de l’engrais liquide à partir de déchets ».

Quel est le projet en cours en ce moment ?

« Le projet que nous portons aujourd’hui est la construction d’un éco village dans les montagnes afin de reloger les personnes qui ont tout perdu dans l’explosion qui a eu lieu à Beyrouth le 04 août dernier. L’idée est de construire des maisons avec des matériaux recyclés et des matériaux naturels. Pour se faire, nous pouvons compter sur l’aide de Green Pirates, collectif présent sur place, à nos côtés ».

Comment fonctionnent les régions et leurs élections ?

« Au Liban, chaque région est dirigée par les différentes confessions. Toutes les régions sont représentées au gouvernement. Les élections se font par région et non pas sur la totalité du territoire, directement. Les électeurs votent pour une liste par région ».

Nous n’avons pas eu l’occasion de croiser beaucoup de policiers ou de militaires dans les montagnes. Comment sont protégées les populations ?

« Il existe une police départementale. Dans les villages il n’existe pas de problèmes d’insécurité. Il n’y a pas de crimes ni de vols. L’armée est tout de même présente même si elle n’est pas omniprésente. La police municipale est également à la disposition des populations. De plus, les terroristes ne sont pas les bienvenus dans la région du Chouf, ce sont donc les populations elles-mêmes qui les font reculer lorsqu’ils viennent dans ces régions. Généralement lorsque l’armée arrive, les terroristes ont déjà été repoussés par les habitants ».

Que pensez-vous du retour de l’ancien premier ministre, Saad Hariri ?

« Je pense que finalement rien ne va changer. Ils ne font que parler mais les actions ne suivent pas. Ce n’est pas la bonne direction à prendre pour régler les problèmes du pays. Ils font des plans mais rien n’est mis en action ».

Que faudrait-il, selon vous, pour que le Liban évolue ?

« Pour que le gouvernement fonctionne, il faut que la corruption soit stoppée dans notre pays. Il faut une mise en place de lois sur les taxes avec les mêmes règles pour tous. Le gouvernement perd de l’argent à cause de la corruption. Toutes les strates se servent, de la plus basse à la plus haute autorité. Des aides sont mises en place pour les populations en difficulté mais rien n’arrive jusqu’aux habitants puisque tout le monde s’est servi au passage ».

Que pensez-vous de la place de la religion dans la politique libanaise ?

« Je suis musulman mais je ne pense pas que la religion doive continuer à intervenir dans la politique. Tous les pays doivent mettre en place des lois. Ces lois doivent respecter les religions, bien sûr, mais il devrait y avoir une séparation entre le gouvernement et celles-ci. Le gouvernement, l’armée et les religions devraient faire l’objet d’une séparation totale. Evidemment, dans notre pays, un travail commun est indispensable mais cela doit se faire sans intervention directe. Je pense que la loyauté de la population libanaise existe envers les politiciens mais pas envers le gouvernement. Selon moi, les plus aptes devraient gérer en fonction de leur domaine de compétences ».

“Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants” Antoine de Saint-Exupéry

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