Posted on: 2 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

L’affaire Alexia Daval est une affaire criminelle française concernant le meurtre d’Alexia Fouillot, épouse Daval, dont le corps a été retrouvé partiellement calciné le 30 octobre 2017.

Après avoir pleuré publiquement la disparition de son épouse aux côtés de ses beaux-parents lors d’une marche silencieuse, Jonathann Daval est rapidement interpellé et placé en garde à vue. Il avoue alors avoir tué sa femme « accidentellement » avant de se rétracter et d’accuser son beau-frère d’être le meurtrier dans le contexte d’un complot familial. Après plusieurs mois de dénégation et de fausses accusations à l’encontre de celui-ci, il avoue son crime et reconnaît avoir consumé une partie du corps de sa conjointe.
Son procès s’ouvre aujourd’hui devant la cour d’assises de Vesoul en Haute-Saône.

Rappel des faits :

Le 28 octobre 2017, un homme avait alerté les gendarmes de Gray-la-Ville, en Haute-Saône, pour indiquer la disparition de sa femme, Alexia Daval. Selon lui, cette dernière avait quitté le domicile vers 9h pour aller courir et n’est jamais revenue. Plus de 200 personnes se joignent aux enquêteurs le dimanche pour rechercher la jeune femme de 29 ans, sans succès.

Le lendemain, le procureur de la République Emmanuel Dupic annonce l’ouverture d’une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration ».

Le même jour, un corps brûlé est retrouvé dans un bois de Gray, près du lieu de la disparition d’Alexia Daval. On apprendra quelques jours plus tard qu’il s’agit bien de celui de la jeune femme.

Commence alors un jeu d’acteur de la part de Jonathann Daval :

Le jour de la déclaration de disparition d’Alexia Daval, Jonathann Daval joue une comédie macabre. Il va tout d’abord se rendre à la brigade de gendarmerie de Gray afin de déclarer la disparition de sa femme, durant son jogging matinal. Il précise alors qu’elle a jeté le compost avant de partir courir. Il commence alors à dépeindre sa femme comme une personne instable, qui a des difficultés pour tomber enceinte et dont le traitement provoque des crises de violence.


Le scénario est mis en place. Il va ensuite passer sur son lieu de travail pour rendre service à un voisin, bien qu’il ne travaille pas ce jour-là. Il sera même capable de faire de l’humour avec son patron. Ensuite, il va aller prendre un café au PMU du père d’Alexia, feignant une inquiétude grandissante.

C’est paniqué, jusqu’aux larmes, qu’il se présente ensuite au domicile des Fouillot, la famille de son épouse. Son beau-frère Grégory Gay l’embarque en voiture sur la piste d’Alexia.Commence alors un lugubre jeu de rôle de la part de l’époux. Il va faire mine de chercher sa femme à leur domicile, il va, également, utiliser le téléphone d’Alexia afin d’appuyer sa théorie. Texto à sa sœur, Stéphanie, pour la prévenir qu’elle va courir et qu’elle lui rendra visite plus tard si le temps lui permet. Il va également envoyer différents messages sur le téléphone de son épouse qu’il sait déjà morte.

Jonathann Daval a néanmoins su tromper son monde durant trois mois, caché derrière le masque du mari éploré. Dans un premier temps, Jonathann Daval participe aux hommages rendus à sa compagne, souvent ému aux larmes alors que personne ne se doute qu’il est l’auteur du meurtre. Son beau-père parlera même de l’importance de son gendre lors de l’hommage funéraire de sa fille.


Cette comédie dramatique prend fin le 29 janvier, lorsqu’à l’issue de trois mois d’enquête, les gendarmes passent à l’action pour interpeller Jonathann Daval. Au terme d’une trentaine d’heures, il avoue enfin. “Un accident”, élude-t-il à chaud, survenu au cours d’une dispute. Le mis en cause rapporte qu’Alexia a été prise d’une “crise extrêmement violente”. Dit avoir voulu “maintenir” sa femme sur le lit, l’avoir “étouffée sans le vouloir”.

Et même après avoir avoué son terrible secret, le meurtrier aura tenté de retourner la situation, allant jusqu’à accuser en juin 2018 son beau-frère, Grégory Gay, d’avoir tué Alexia. C’est la thèse du complot familial. Tout s’est joué chez les parents d’Alexia, invente-t-il. Grégory Gay l’aurait tuée. Le reste de la belle-famille aurait alors étouffé le drame et caché le corps.

C’est Isabelle Fouillot, la mère d’Alexia, qui réussira à le faire craquer en montrant une photo de leur chat à Jonathann Daval. Il avoue alors le meurtre, sans pour autant expliquer le fait que son corps ait été brulé, ni les marques sur le corps de la victime. C’est alors un simple bouchon, d’une bouteille de produit inflammable retrouvé sur le lieu de la découverte du corps d’Alexia qui va confondre le mari. Cet opercule correspondait à une bouteille laissée ouverte, justement saisie dans le garage des Daval par les gendarmes. Il ne lui reste plus qu’à avouer, non sans mal.

La fin d’une série de mensonges :

Désormais accusé de « meurtre sur conjoint », Jonathann Daval encourt la réclusion criminelle à perpétuité à l’issue des plaidoiries prévues vendredi. Ses mensonges en cascade, ressenties de façon dramatique par les parties civiles, promettent un procès sous haute tension. Les proches d’Alexia Daval espèrent trouver des réponses aux zones d’ombre de cette affaire, afin de pouvoir enfin entamer un processus de deuil après des années de rebondissements judiciaires.

Alors que les analyses toxicologiques ont fait état d’une prise régulière, depuis un an avec une accélération dans les derniers mois, de zolpidem, tétrazépam et tramadol, les proches de la jeune femme estiment que Jonathann Daval « a sédaté Alexia à certains moments pour, ou la rendre folle, ou qu’il soit tranquille, ou qu’elle ait un accident de voiture (…) mais c’est prouvé qu’elle a été sédatée, elle a pris des cachets à son insu ». Isabelle Fouillot est persuadée que sa fille a été empoisonnée et assure avoir “les éléments pour le démontrer”.

« L’homme qui lutte pour la justice et la vérité trouvera toujours le moyen d’accomplir son devoir tout entier. La toute-puissance du mal n’a jamais abouti qu’à des efforts inutiles. La pensée échappe toujours à qui tente de l’étouffer » Victor Hugo

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