Posted on: 2 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Dans ce contexte inédit et morose, il est important de ne pas oublier l’histoire de la France. De ce fait, l’actu de Manon s’intéresse aujourd’hui aux raisons qui font du 11 novembre, un jour férié.

Le 11 novembre 1918, à 5h15 précisément, l’Armistice est signé par les représentants des alliés que sont la France, la Russie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis et ceux de l’armée allemande que sont la Bulgarie, l’Empire ottoman et l’Autriche-Hongrie.

Le Maréchal Foch, commandant en chef des forces alliées sur le front de l’ouest ; Rosslyn Wemyss, amiral de la flotte britannique et Matthias Ezberger, représentant du gouvernement allemand sont présents afin de signer l’armistice. Le Wagon-restaurant, situé en pleine forêt de Compiègne, dans l’Oise est alors le témoin de ce moment historique marquant la fin des combats de la première guerre mondiale (1914-1918).

Le cessez le feu officiel commence à 11h00, les cloches se mettent alors à sonner à travers le pays, signal officiel pour les populations endeuillées. Il faut rappeler que les pertes humaines de la Première Guerre mondiale s’élèvent à environ 18,6 millions de morts. Ce nombre inclut 9,7 millions de morts pour les militaires et 8,9 millions pour les civils. Les Alliés de la Première Guerre mondiale comme les Empires centraux perdent approximativement plus de 9 millions de vies chacun.

Pour l’anecdote, ce n’est qu’au moment de la signature des traités de paix à Versailles, le 28 juin 1919, que la sortie du conflit est définitivement actée. Néanmoins, c’est bien la date du 11 novembre qui est choisie pour commémorer la fin de cette guerre sanglante.
Cette date est également associée à la mise en terre, sous l’arc de triomphe, du soldat français inconnu, mort pour son pays.

Pour rappel, alors que la Grande Guerre fait rage, le 26 novembre 1916, Francis Simon, Président de la section rennaise du Souvenir Français émet l’idée de choisir un soldat mort au champ d’honneur et dont le corps n’a pu être identifié, afin de rendre hommage à tous ceux qui ont disparu en défendant la patrie et dont on n’a pu reconnaître la dépouille. L’idée est alors reprise par la presse et adoptée en septembre 1919 par la Chambre des députés.

Le choix de la désignation de ce soldat se fait à Verdun, lieu choisi par André Maginot alors Ministre des Pensions, lui-même ancien combattant grand blessé de guerre. Le 10 novembre 1920, Auguste Thin, un jeune soldat de 21 ans doit désigner le futur symbole : “J’avais été choisi pour désigner le cercueil parce que j’étais le plus jeune engagé soldat de 2e classe et ancien combattant du 132e RI, le régiment de Verdun”, racontera-t-il plus tard.

Un bouquet d’œillets blancs et rouges est destiné à indiquer son choix. Devant les huit cercueils présents, c’est devant le sixième qu’il s’arrête, dépose le bouquet et se met au garde-à-vous. Auguste Thin expliquera par la suite son choix : « Il me vint une pensée simple. J’appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c’est également le chiffre 6 que je retiens. Ma décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai ».

Le lendemain, le cercueil part pour Paris où il fait une entrée solennelle sous l’Arc de Triomphe. La flamme éternelle qui brûle sous le monument symbolise la permanence de ce devoir de mémoire. Ravivée chaque jour à 18h30, elle perpétue le souvenir de tous ces morts pour la France dont on n’a pu identifier la dépouille. Le 11 novembre devient alors officiellement un jour férié dédié aux commémorations en France le 24 octobre 1922.

Depuis, les hommages se succèdent chaque 11 novembre. Le Président de la République dépose une gerbe de fleurs tricolore au pied de la statue de Georges Clemenceau. Le chef de l’État se rend ensuite sur la plus belle avenue du monde et remonte les Champs-Élysées, escorté de plusieurs cavaliers de la Garde républicaine. Il termine cet hommage en se recueillant sur la célèbre tombe du Soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe. D’autres commémorations ont lieu dans les différentes communes, présidées par les maires. Tout au long de ces cérémonies, le président et d’autres officiels arborent à la boutonnière un bleuet, devenu un symbole national envers les anciens combattants et victimes de guerre.

Le symbole du bleuet provient des poilus qui surnommaient ainsi les nouveaux soldats, en référence à leurs uniformes bleus. Cette année, et malgré le contexte sanitaire, les hommages ont bien eu lieu, avec, bien sûr, des règles plus strictes qu’à l’accoutumée.

“L’objet de la guerre, c’est la paix.” Aristote (philosophe grec)

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