Posted on: 2 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 5

Créée en 1976, cette entreprise familiale est née de l’amour de Maryse Di Landro pour les métiers manuels. Après s’être formée chez un santonnier professionnel, elle a décidé de créer sa propre maison. Depuis 1990, c’est son neveu, Didier Coulomb qui a repris le flambeau. Rencontre avec ces générations passionnées par les santons.

Un peu d’histoire…

L’origine des santons de Provence vient de la Révolution Française. Le 14 juillet 1789, avec la révolution, les églises sont devenues « propriétés de l’État Français » et, en 1793, l’assemblée nationale a décidé de toutes les fermer, car elle n’arrivait pas à mettre en place la politique qui avait été décidée, ceci à cause du clergé qui, à l’époque, régentait pratiquement tout.

Les curés étaient les acteurs les plus importants, les plus puissants, les plus influents, les plus riches, tout simplement parce que c’étaient les seuls à être instruits. Tout le monde venait leur demander conseil et ils en profitaient tout à fait largement. En fermant les églises, les curés n’avaient plus de contact avec la population et ne pouvaient donc plus la conditionner, ce qui a rendu plus simple l’application de la politique en place.

Après la Révolution française qui a entraîné la fermeture des églises et la suppression de la messe de minuit, les représentations publiques de la nativité furent discontinues. C’est alors qu’en Provence des petits personnages, les « santoun » ou « petits saints », ont été créés pour qu’une crèche de Noël puisse fleurir dans l’intimité du foyer de chaque famille provençale.

Au départ, ces petits personnages étaient confectionnés avec ce qu’on avait sous la main, mais principalement avec de la mie de pain ou du papier mâché comme pour les masques.
C’est en 1798, qu’un Monsieur de Marseille, Jean-Louis Lagnel, alors qu’il se promenait dans la campagne d’Aubagne, constatant qu’il ne pouvait pas se débarrasser de la terre humide qui collait à ses chaussures (il s’agissait en fait d’argile), fut obligé de le faire avec ses mains. Il vit que cette terre se travaillait très bien et il eut l’idée de faire une petite crèche qu’il trouva à vendre aussitôt. Il en fit d’autres et c’est ainsi qu’est né le métier de santonnier.

C’est donc depuis la fermeture des églises en France, en 1793, que dans la plupart des familles catholiques du monde on fait la crèche à Noël. Avant cette date cela était interdit car il s’agissait d’un privilège d’églises. C’est Saint François d’Assises qui avait amené la crèche dans les églises, en réalisant le soir de Noël 1223, une crèche vivante au château de Greccio en Italie. Avec le temps, les personnages de la crèche ont grandi. On les a habillés et peints. On y a ajouté les personnages du village, les vieux métiers. On a également créé les crèches provençales.

En 1803, peu après le Concordat, la première foire aux santons fut inaugurée à Marseille. Elle s’y tient toujours, de fin novembre à début janvier chaque année, en haut de la Canebière, artère principale du centre ville, débouchant sur le Vieux Port, ou bien en bordure de la même artère sur la place de la Bourse. Outre les petits santons peints, on peut trouver à cette foire des « santons habillés », en costume traditionnel, chacun portant les insignes de son métier. On peut également y acquérir les accessoires permettant de confectionner le décor traditionnel de la crèche : étable, puits, pont, étoile, papier rocher, papier ciel, mousse fraîche pour imiter l’herbe…

La rencontre…

Combien de salariés employez-vous en temps normal ?
« Je travaille sur la création des moules, mon fils sur les décors en plâtre et ma femme sur la peinture. Ma mère est à la retraite mais elle continue de nous aider. Ensuite, nous employons 3 à 4 salariés à temps plein en fonction des périodes. Ce chiffre peut aller jusqu’à 7 pendant la période de noël ».

Quelle est la signature de votre maison ?
« Au départ, nous ne faisions que des santons habillés de 30 centimètres. Depuis une dizaine d’années, nous avons dû nous adapter en fonction de la demande. Nous avons donc décidé de créer également des santons de plus petite taille ».

Quelles sont les différentes étapes de la fabrication d’un santon ?
« Tout d’abord il faut créer le moule. Ensuite il faut mouler le santon avec de l’argile et laisser sécher pendant 10 à 15 jours. Le santon est ensuite passé au four à 950° pendant 24 heures. Enfin, le santon est peint et/ou habillé ».

Quand avez-vous créé votre musée ? Pourquoi ?
« Le musée a été créé en 1998. Il découle du choix de faire venir les gens chez nous plutôt que de vendre en gros dans des magasins à travers la France. Nous avons donc volontairement déménagé du centre ville pour nous installer dans la zone des Paluds afin de bénéficier de plus de place pour créer cet espace dédié à la découverte de notre métier et de notre savoir-faire. Le fait d’être dans la zone permet aussi aux clients d’avoir accès à notre parking gratuit. Notre espace permet de recevoir des groupes pour les visites. Ce sont généralement des scolaires, des villages de vacances des Bouches-du-Rhône et du Var, des personnes orientées par l’Office de Tourisme ou encore des tours opérateurs ou des croisiéristes. Il faut compter entre 150 et 180 autocars par an ».

Quel est l’impact de la Covid19 sur votre entreprise ?
« Depuis mars toutes les visites ont été annulées. L’été n’a pas rattrapé le manque à gagner puisque les visites de groupes sont plutôt réparties d’avril à juin et de septembre à décembre. Sur les visites, c’est donc environ 40% en moins de chiffre d’affaires. Sur les ventes à proprement parler, il faut compter au moins 20% de baisse de chiffre d’affaires mais également le manque à gagner dû à l’annulation des expositions. Nous attendons donc avec impatience les mesures du gouvernement car il faut savoir que la période de Noël représente à elle seule 80% de notre chiffre annuel ».

Et la vente sur internet ?
« Cela ne suffit pas. Les gens dépensent moins, leur panier est plus restreint. Les ventes par internet ont doublé mais elles ne représentaient que 10% du total des ventes. De plus le travail de manutention est beaucoup plus important concernant les ventes par internet. Nous avons la chance d’être une entreprise ancienne, qui n’a plus de crédit à rembourser mais si la situation reste telle qu’elle est aujourd’hui, il faudra avoir recours au chômage partiel et aux aides de l’État, voire même à un prêt. Ce serait alors une année blanche pour l’entreprise ».

Une belle histoire de famille et d’amour de leur métier sur trois générations… et ce n’est pas fini !

« A l’œuvre, on connaît l’artisan » Jean de La Fontaine

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