Posted on: 2 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Pour rappel, le 04 août dernier, une double explosion a eu lieu dans le port de Beyrouth. Le bilan est lourd avec 202 morts, plus de 6 500 personnes blessées et des quartiers entiers de la capitale dévastés, laissant plusieurs dizaines de milliers de personnes sans abri et fragilisant davantage un pays miné par une crise économique inédite et par la pandémie de Covid19. Une crise alimentaire majeure menace désormais le pays du Cèdre.

Deux mois plus tard, l’enquête n’a toujours pas abouti et aucun résultat n’a été rendu public, dans un pays où la justice est souvent soumise aux pressions politiques. Les autorités ont rejeté les appels à une enquête internationale. Une vingtaine de personnes ont été arrêtées, tandis que les audiences et les interrogatoires de ministres, d’anciens ministres et de hauts responsables de la sécurité se succèdent.

En plus de la crise alimentaire, le système de santé libanais a été fortement impacté par l’explosion. Déjà mis à rude épreuve par la Covid19, le Liban a perdu trois hôpitaux dans la catastrophe. Deux autres établissements ont subi d’importants dommages. L’explosion a détruit 17 conteneurs de fournitures médicales essentielles. Un incendie a aussi ravagé un entrepôt utilisé par la Croix Rouge internationale pour stocker des colis alimentaires. “L’explosion et l’incendie auront indéniablement un impact sur l’aide humanitaire du CICR, que ce soit au Liban ou en Syrie”, a averti le Comité international de la Croix-Rouge.

Le peuple est au travail mais les moyens manquent. Dans toutes les rues autour du port, les habitants travaillent d’arrache-pied pour reconstruire leur ville et leur vie. Il suffit de marcher dans les rues adjacentes pour comprendre que les gens font avec les moyens du bord.

Les étudiants ont mis leur vie entre parenthèses pour venir aider leurs familles et voisins. Une solidarité est mise en place mais elle ne permet malheureusement pas de combler l’inaction du gouvernement.

De nombreuses Organisations Non Gouvernementales sont sur place pour apporter leur aide. Parmi elles, les six ONG membres de l’Alliance Urgences (Action Contre la Faim, CARE France, Handicap International, Médecins du monde, Plan International, Solidarités international). Il faut également citer le Secours populaire français, l’association chrétienne Œuvre d’Orient, l’association Sœur Emmanuelle et l’association Caritas Liban. Go Green et le collectif Green Pirates sont également présents en soutien aux populations.

La seule présence étatique se fait à travers l’armée et la présence policière. Concernant le gouvernement, Saad Hariri a, de nouveau été désigné premier ministre du Liban, un an après sa démission. Ce retour ne rassure pas la population qui ne voit aucun changement pour leur pays. Pour rappel, le gouvernement qui avait pris la suite, dirigé par Hassan Diab, avait démissionné après l’explosion dans la capitale.

Une fois de plus, c’est la solidarité et le courage de la population libanaise qui pourra améliorer la situation de ce pays, déjà en crise et sur lequel le sort s’acharne. En espérant que la corruption, présente à tous les niveaux, ne viennent pas compliquer encore un peu plus le contexte actuel.

« L’Etat ne participe jamais aux catastrophes mais participe toujours aux bénéfices » Michel Audiard

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