Posted on: 2 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

En 2020 en France, il est possible de se faire tuer pour avoir combattu l’obscurantisme. C’est le triste constat effectué suite à cet acte barbare à l’encontre de Samuel Paty, professeur d’histoire au collège du Bois d’Aulne.

Vendredi dernier, un jeune homme d’origine tchétchène, né en 2002, a décapité un professeur d’histoire avec un couteau. Il a été abattu par la police à Eragny.

Que s’est-il passé ? Le professeur, Samuel Paty, 47 ans et père de famille a été violemment assassiné. Tout a commencé lors d’un cours sur la liberté d’expression dans une classe de 4ème du collège du Bois d’Aulne à Conflans Sainte Honorine. Certains élèves, choqués par les images, auraient fait rapport à leurs parents des caricatures montrées par le professeur.

Un engrenage de haine se met alors en place sur les réseaux sociaux. Le père d’une élève de cette classe est l’auteur de plusieurs publications – dont une vidéo – postées sur les réseaux sociaux au début du mois d’octobre. Dans cette dernière, il interpelle la direction du collège et l’inspection académique.

Il dénonce alors le comportement de Samuel Paty et raconte sa vision des faits: un enseignant aurait demandé aux musulmans de sortir de la classe, avant de diffuser “l’image de quelqu’un tout nu” en leur disant que “c’est le prophète des musulmans”. Il s’agissait en fait, selon plusieurs témoignages, d’une caricature du prophète accroupi avec une étoile dessinée sur ses fesses et l’inscription “une étoile est née”. Sur les réseaux sociaux, ce parent d’élève renchérit et assure qu’il ne laissera “pas passer” et invite les internautes à en faire de même : “Si vous n’êtes pas d’accord avec ça, vous pouvez écrire un courrier au directeur de l’école pour virer ce malade”.

La machine est en marche, le nom et l’adresse du collège apparaissent dans les commentaires de cette publication, ainsi que le nom du professeur concerné. Commence alors une “chasse à l’homme” sur fond de religion. Le 12 octobre, ce même père d’élève a publié cette fois une vidéo sur YouTube en relatant à nouveau les faits.

Samuel Paty dépose alors plainte pour diffamation. La principale aurait fait état d’appels menaçants et aurait reçu la visite d’Abdelhakim Sefrioui, prédicateur islamiste connu du renseignement depuis les années 2000. C’est une figure bien connue des services de renseignement français. Il est d’ailleurs fiché pour radicalisation à caractère terroriste au FSPRT.

Comment est-il possible que la police n’ait pas réagi avant le drame ? Comment est-ce possible que ces menaces n’aient pas été prises au sérieux ? Existe-t-il un lien direct entre Abdelhakim Sefrioui, le parent d’élève et L’assaillant, Abdoullakh A ? Ce sera à la justice et aux enquêteurs de faire la lumière sur les relations possibles entre ces trois hommes.

A noter que l’Education Nationale aurait tout d’abord cherché à sanctionner Samuel Paty pour avoir montré ces caricatures aux élèves. Sans ce drame, il est logique de se demander qu’elle aurait été le sort réservé à ce professeur aimé de ses élèves et soutenu par ses collègues.
Le terroriste était un réfugié russe de 18 ans, d’origine tchétchène, dont le compte Twitter a été utilisé pour revendiquer cette attaque destinée à venger le prophète Mahomet, a déclaré ce samedi le procureur antiterroriste Jean-François Ricard.

Il est aujourd’hui légitime de se demander si la France est réellement capable et détient les moyens humains et matériels de lutter contre le terrorisme sur son territoire. Preuve en est que ce drame aurait pu être évité, puisque des sonnettes d’alarme ont été tirées et laissées sans réponse de la part des forces de l’ordre.

“Je préfère mourir debout que vivre à genoux” Charb (auteur et illustrateur français)

Leave a Comment