Posted on: 3 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 1

Suite au Conseil municipal qui avait lieu ce matin, c’est sans grande surprise que Benoît Payan, ex-premier adjoint, devient le maire de la cité Phocéenne. Celui qui était déjà sur le devant de la scène depuis le début du mandat de Michèle Rubirola brigue donc aujourd’hui le poste qu’il occupait finalement depuis le mois de juillet.

Le souhait de Rubirola respecté

Le conseil municipal a donc entériné le choix de la maire écologiste, Michèle Rubirola, qui avait souhaité que son premier adjoint lui succède. Seul candidat en lice de la majorité, il a obtenu 53 voix lors du vote au conseil municipal et devient à 42 ans le plus jeune maire de l’histoire de la ville.

La droite, qui avait perdu la ville après vingt-cinq ans de règne Gaudin lors des dernières municipales, a refusé de prendre part au vote, de même que les élus du Rassemblement national. « Vos membres électeurs pourront-ils comprendre qu’après avoir voté pour une femme écologiste, ils pourraient se retrouver avec un maire homme et socialiste ? J’y vois comme une forme de déni de démocratie », a expliqué avant le vote Guy Teissier, élu Les Républicains (LR) et président de la séance.

Samia Ghali, deuxième adjointe a renouvelé son « contrat » avec le Printemps marseillais et a donc logiquement soutenu Benoît Payan lors du vote en Conseil municipal.

Qui est Benoît Payan ?

Benoît Payan, est né le 31 janvier 1978 à Marseille. Il est le fils unique d’un menuisier aujourd’hui retraité et d’une employée de l’URSSAF. Membre du Parti socialiste, il est élu conseiller municipal après les élections municipales de 2014 à Marseille et élu conseiller départemental des Bouches-du-Rhône en 2015.

Il participe à la création du Printemps marseillais, une alliance de collectifs de citoyens, de partis et de mouvements de gauche. Il est nommé premier adjoint à la suite de la victoire du Printemps marseillais lors des élections municipales de 2020 à Marseille. Assurant l’intérim après la démission de la maire écologiste Michèle Rubirola le 15 décembre 2020, il est élu maire suite à la réunion municipale de ce jour.

Le Parti socialiste reprend ainsi symboliquement le fauteuil occupé pendant trente-trois ans par Gaston Defferre, ex-ministre de l’intérieur de François Mitterrand et figure emblématique de la vie politique marseillaise.

Ses prises de position

Les bateaux de croisière trop polluants pour la ville : le 6 septembre 2016, Benoît Payan a interpellé Ségolène Royal, alors Ministre de l’Environnement, dans une lettre où il dénonce l’impact de la pollution des bateaux de croisière sur la ville. En effet, alors que Marseille est déjà la ville la plus polluée de France, les bateaux de croisière, faute d’une électrification des quais et par souci d’économie, font tourner leurs générateurs au fioul lourd jour et nuit. Dans une étude de France Nature Environnement et de l’ONG allemande NABU, sur laquelle s’appuie l’élu dans sa lettre, il est révélé qu’un bateau de croisière pollue autant qu’un million de voitures.
Ainsi, l’élu d’opposition demande à la Ministre de mener une étude sur l’impact sanitaire et environnemental des émissions de ces bateaux et de mettre en œuvre des solutions pour pallier à ce problème environnemental.

La vétusté des écoles marseillaises : le 16 octobre 2017, face aux polémiques engendrées par l’état des écoles marseillaises, la ville de Marseille vote un plan de rénovation de 34 écoles pour un milliard d’euros, financé par un partenariat public-privé, dispositif déjà utilisé, et critiqué par la Chambre Régionale des Comptes, pour la rénovation du Stade Vélodrome.
Dans une intervention au Conseil Municipal le 28 février 2018, Benoît Payan dénonce les carences de la mairie quant à sa compétence première, la gestion des écoles.
Le 18 mars 2018, Benoît Payan lance avec Jean-Marc Coppola, conseiller municipal PCF, une pétition contre cette privatisation des écoles et réclame un contre-projet en s’appuyant sur l’étude rigoureuse menée par un collectif réunissant parents d’élèves, artisans du bâtiment, enseignants, architectes, syndicalistes, universitaires, avocats et contribuables. En effet, selon une étude, ce projet alternatif ferait économiser 300 millions d’euros. La pétition est signée par plus de 15 000 personnes.
Le 28 janvier 2019, la rapporteure publique auprès du Tribunal Administratif de Marseille demande l’annulation de la délibération municipale du 16 octobre 2017. Le 12 février 2019, il annule le partenariat public-privé des écoles, décision dont fait appel la Ville de Marseille le 16 avril 2019, sans succès.

Les vestiges archéologiques de la Corderie : au cours de l’été 2017, alors qu’un projet de construction d’un immeuble du groupe Vinci est en cours dans le quartier de la Corderie à Marseille, des vestiges sont découverts par les équipes de l’Institut national de recherches archéologiques préventives. L’Académicien marseillais Jean-Noël Beverini lance une pétition, signée par plus de dix-mille marseillais, et largement diffusée sur les réseaux sociaux par Benoît Payan.
Dans le même temps, ce dernier interpelle le Maire en lui demandant de sauver le site de la Corderie et d’entamer sa préservation et sa valorisation. Il milite pour la fin du chantier par Vinci et la conservation in situ des vestiges antiques, premières traces de l’histoire de la ville.Les débuts du chantier sur le site des vestiges entraînent une forte mobilisation citoyenne à laquelle participe activement l’élu. Le préfet de Marseille donne à Françoise Nyssen, alors Ministre de la Culture, la responsabilité de la décision finale : le projet immobilier de Vinci sera bel et bien réalisé, et l’ensemble du site ne sera pas protégé, malgré les demandes pressantes des riverains, des scientifiques et des élus.

L’affaire des scandales immobiliers : Benoît Payan s’est à plusieurs reprises engagé pour dénoncer les « fiascos immobiliers » de Marseille : il remet ainsi en cause les millions d’euros que les marseillais ont perdu du fait des choix de la majorité municipale.
Benoît Payan s’est également impliqué dans l’affaire de la vente de la Villa Valmer : la Mairie a décidé de vendre le parc public et de le confier à un promoteur immobilier ayant pour projet de construire un hôtel 5 étoiles. Cette décision revient à privatiser un jardin public de plus de 6 000 m2, offrant une vue imprenable sur la baie. Lors du vote en Conseil Municipal du 8 octobre 2018, il s’oppose à la signature du bail emphytéotique entre la Ville et le porteur de projet.
Le 13 mai 2019, il dépose un recours devant le Tribunal Administratif contre le futur hôtel de la Villa Valmer, les avocats avançant notamment l’argument de la mauvaise information des élus quant à l’impact financier de la signature de ce bail.

Et maintenant ?

Benoît Payan souhaite sauver la ville de Marseille. « La ville ne sera plus la plus inégalitaire du pays », promet-il.
Cet échange de poste entre la maire et son adjoint ne plaît pas à tout le monde. Au nom du Rassemblement national, Stéphane Ravier s’en est donné à cœur joie, dénonçant « une véritable supercherie, une tromperie ».

Guy Tessier, président de séance et membre du parti les Républicains, a également fait part de ses doutes et de ses interrogations en ouverture de séance. «Si certains y voient un tour de passe-passe, sans doute une forme de spécificité marseillaise, d’autres y voient un état de nécessité dû à votre état de santé, mais dans ce cas-là, pouvez-vous tenir ce rôle de première adjoint Madame Rubirola ?» a-t-il demandé. Il a débuté fort en dénonçant un «une forme de déni de démocratie».

Benoît Payan se veut rassurant et assume sa position de manière tout à fait naturelle. « Cette histoire [de Marseille], c’est aussi celle de notre majorité, un rassemblement de gens venus d’ici, des militants associatifs et des directeurs d’école, des chefs d’entreprise et des enfants des cités, des ouvriers et des avocats, des salariés et, aussi, de responsables politiques, qui ont fait le choix de dépasser les étiquettes et les logiques partisanes. Je suis membre de ce rassemblement d’une majorité qui défend une ville plus verte, plus juste et plus démocratique » a-t-il expliqué. Avant de conclure par une citation d’Izzo, auteur de polar marseillais : « Comme le disait Izzo, « Marseille appartient à ceux qui y vivent ». C’est mon rêve pour Marseille, et ma promesse ».

Dans ce contexte compliqué, il faudra un peu de temps pour que Monsieur Payan puisse montrer et développer ce qu’il veut faire pour sa ville natale. En espérant également pour Marseille, que chacun réussisse à mettre ses ambitions et égos de côté afin de permettre à la cité phocéenne de rayonner comme il se doit !


« La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité » Albert Camus (écrivain et prix Nobel de littérature en 1957)

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