Posted on: 3 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Aujourd’hui commençait la campagne de vaccination contre la Covid-19 en Angleterre. Margaret Keenan, 90 ans, est la première de la vague de vaccination britannique. Mais que sait-on vraiment sur le vaccin Pfizer-BioNTech et sur son efficacité ?

Qui est le nouveau visage de la lutte contre le coronavirus ?

Margaret Keenan est une dame âgée de 90 ans. Retraitée depuis seulement quatre ans, cette ancienne assistante en bijouterie a reçu l’injection en début de matinée à l’hôpital de Coventry, dans le centre du pays. Alors qu’elle fêtera ses 91 ans la semaine prochaine, elle estime qu’elle n’aurait pas pu espérer un «meilleur cadeau d’anniversaire».
Cette grand-mère de quatre petits-enfants a accepté d’être la première vaccinée au monde et se fait une joie que le vaccin puisse permettre de revivre normalement le plus rapidement possible et de pouvoir revoir ses proches en toute sécurité.

Un feu vert qui manque de recul

Malgré ce top départ mondial, de nombreuses interrogations demeurent, de la contagiosité des personnes vaccinées au manque de recul sur d’éventuels effets secondaires.
Une personne vaccinée pourrait-elle être contagieuse ? Lors de la présentation de ses recommandations sur la stratégie vaccinale, la Haute Autorité de Santé (HAS) a concédé ne pas être sûre de la réponse précisant qu’il manque “encore des données à ce sujet”.
Ce qui est certain, pour le moment, c’est que les injections permettent d’éviter les formes graves.De plus, les données disponibles sur les premières phases d’essais cliniques présentent quelques effets secondaires potentiels : fièvre, fatigue, douleurs musculaires ou articulaires. Le recul nécessaire pour connaître la totalité des effets secondaires est de 40 jours.

Qu’est-ce que ce vaccin ?

Il est basé sur une technologie très innovante et qui n’a encore jamais été utilisée dans la vie réelle, sauf sur des élevages de porcs. Elle consiste à injecter dans l’organisme des brins d’instructions génétiques appelées ARN messager, qui dictent aux cellules ce qu’il faut fabriquer pour lutter contre le coronavirus.
Pfizer, accompagné de son partenaire BioNtech, a été le premier à dégainer. En annonçant une efficacité à 80%, puis à 95%, de son vaccin anti-Covid, le duo américano-germanique avait fait forte impression, avant de révéler un inconvénient notable. En effet, le précieux sérum, en l’état actuel, doit être conservé à – 80 degrés Celsius, rendant compliqué son transport et faisant inévitablement augmenter son prix. Par conséquent, les pays pauvres sont dans l’impossibilité de s’approvisionner. Cet inconvénient pourrait être résolu par un vaccin en poudre, à la place de celui liquide.
Le problème ? Le laboratoire n’a fourni qu’un communiqué de presse. Il n’existe, pour l’heure, aucune publication scientifique. Faire une confiance aveugle aux laboratoires paraît quelque peu inconscient.
Interviewé sur France Inter, le Professeur Eric Caumes, chef de service en maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière, à Paris s’est montré sceptique quant aux « vaccins à base de matériel génétique type ARN » comme celui de Pfizer. « Je ne sais pas ce que ça vaut. Je n’ai pas le recul nécessaire, je n’ai toujours pas vu une publication scientifique qui corresponde à ces vaccins. Donc me vacciner avec des produits que je ne connais pas, dont je n’ai des informations que par les communiqués de presse des laboratoires, c’est leur faire une confiance aveugle et absolue », a déclaré le professeur.
D’ailleurs, l’OMS a bien précisé que la vaccination ne devait pas être rendue obligatoire sauf circonstances professionnelles exceptionnelles.
Enfin, le Professeur Raoult a précisé que le vaccin serait moins efficace sur les personnes âgées, l’immunité se dégradant avec l’âge.

Quels sont les autres vaccins en cours d’élaboration ?

  • Outre Pfizer et BioNTech, le vaccin ARN Messager est également développé par Moderna.
  • Le laboratoire chinois Sinovac Biotech a annoncé avoir décroché un financement de 500 millions de dollars (424 millions d’euros) pour produire son vaccin contre le nouveau coronavirus.
  • Janssen (3ème filiale pharmaceutique du groupe Johnson & Johnson) élabore un candidat-vaccin grâce à un partenariat avec le ministère de la santé américain.
  • La société américaine de biotechnologie Novavax a entamé la troisième et dernière phase de tests à grande échelle.
  • La méthode d’Oxford/ AstraZeneca et de l’Institut Pasteur est similaire à celle du vaccin utilisé contre Ebola.
  • Le laboratoire chinois Sinopharm, quant à lui, utilise la méthode dite des « vaccins inactivés ».
  • Le laboratoire français SANOFI, utilise la méthode du « vaccin sous-unité ».
  • Le laboratoire CanSinoBiological avec le Beijing Institute of Biotechnology teste son vaccin sur l’armée chinoise.
  • Le Gamaleya Research Institute a indiqué que le vaccin russe déclenche une réponse immunitaire et n’a pas entraîné d’effets indésirables graves.
  • Le laboratoire Bharat Biotech a annoncé la troisième phase de ses essais cliniques.

Difficile de s’y retrouver ! Ce qui est certain c’est que cette course au vaccin va rapporter des milliards aux différents laboratoires qui pourront les rendre disponibles le plus rapidement possible.

Dans tous les cas, le recul n’est pas assez conséquent pour analyser l’efficacité de ces différents vaccins. Il faut tester pour savoir quel vaccin sera le plus approprié pour lutter contre le coronavirus. Réponse dans les semaines et mois à venir…

« La science n’a pas de patrie » (Louis Pasteur, chimiste et physicien, connu pour avoir élaboré le vaccin contre la rage)

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