Posted on: 3 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Valéry Giscard d’Estaing s’est éteint hier, suite à la Covid-19, selon la famille. Ce Président au style unique, se voulant proche du peuple, a laissé une trace indélébile dans la politique de la Vème République.

Qui était Giscard d’Estaing ?

Valéry Giscard d’Estaing, communément appelé « Giscard » ou désigné par ses initiales, « VGE » est né le 2 février 1926 à Coblence (Allemagne).
Il était le fils d’un inspecteur des Finances. Polytechnique puis l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) lui avaient donné les armes de l’analyse et de la dialectique. Dès les premières années de son âge d’adulte, une voie royale s’ouvrait alors à lui.
Plutôt que vers l’entreprise ou la haute fonction publique, elle le destinait à la politique. Son arrière-grand-père maternel Agénor Bardoux avait été ministre de l’Instruction Publique dans les années 1870. Son grand-père, Jacques Bardoux quant à lui, avait représenté le Puy-de-Dôme au Palais Bourbon puis au Sénat.

L’homme avant sa présidence…

Inspecteur des finances, il est élu député du Puy-de-Dôme à partir de 1956. Sous la présidence du général de Gaulle, il est secrétaire d’État aux Finances (1959-1962) puis ministre des Finances et des Affaires économiques (1962-1966). Après son éviction du gouvernement, il exprime ses réserves envers le pouvoir gaulliste, en particulier lors du référendum de 1969, pour lequel il appelle à voter « non ».
Durant la présidence de Georges Pompidou, de 1969 à 1974, il occupe à nouveau la fonction de ministre de l’Économie et des Finances. Il préside en parallèle les Républicains indépendants, qui constituent la deuxième composante de la majorité de droite.
Se présentant à l’élection présidentielle de 1974, il élimine au premier tour le gaulliste Jacques Chaban-Delmas et l’emporte au second tour face au candidat de l’Union de la gauche, François Mitterrand.
À 48 ans, il devient le plus jeune président de la République depuis 1895.

Quel président était-il ?

Conscient des séquelles du soulèvement de mai 1968, Valéry Giscard d’Estaing a cherché à être un président proche du peuple, à l’écoute de la population.
Prônant une « société libérale avancée », il fait voter l’abaissement de la majorité civile, la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse, le divorce par consentement mutuel, l’élargissement du droit de saisine du Conseil constitutionnel et la fin de la tutelle de la télévision publique…
Sa politique étrangère est marquée par le renforcement de la construction européenne ainsi que par l’implication militaire de la France dans la bataille de Kolwezi (Zaïre) et dans l’opération Caban (Centrafrique) renversant l’empereur Bokassa, qui sera à l’origine de l’« affaire des diamants ».
Tout en développant le projet de train à grande vitesse (TGV) et en relançant l’industrie nucléaire, il est confronté à des difficultés économiques, les Trente Glorieuses touchant à leur fin.Malgré son enthousiasme moderniste, il se heurte très vite à la médiocrité de la conjoncture économique du fait de la crise pétrolière, aux cruelles réalités de la géopolitique et à l’hostilité latente des gaullistes.
En 1976, après la démission de Jacques Chirac, il nomme à la fonction de Premier ministre l’économiste Raymond Barre, qui mène une politique de rigueur jusqu’à la fin de son septennat. Il se montre conservateur, notamment en matière d’immigration, créant un contraste avec son image de libéral dans d’autres domaines.
Bien que sa majorité de droite ait remporté les élections législatives de 1978 et qu’il ait longtemps été donné réélu pour un second mandat, il est battu par François Mitterrand à l’élection présidentielle de 1981, particulièrement en raison des réticences du RPR de Jacques Chirac à le soutenir.

Le style Giscard…

Valéry Giscard d’Estaing en tant que maire de Chamalières, commune limitrophe de Clermont-Ferrand avait forgé son image de Président proche du peuple comme en juin 1973 où il disputait un match de football dans l’équipe de la municipalité face aux commerçants de Chamalières. En tant que Président, il s’invite également à la table du peuple pour partager leur quotidien et comprendre leurs besoins. Il cherche à instaurer une simplicité du pouvoir en « jouant » au français moyen. Il utilise la télévision pour sa communication au style unique et innovant pour l’époque. C’est également cette image voulue populaire qui lui causera de nombreux torts, du fait de ses origines bourgeoises.

L’homme après la présidence…

Suite à son échec politique face à François Mitterrand, il est réélu à l’Assemblée nationale et devient président du conseil régional d’Auvergne. Élu à la présidence de l’Union pour la démocratie française (UDF), dont il est le fondateur, il est l’un des principaux dirigeants de l’opposition au pouvoir socialiste.
Fervent partisan de la construction européenne, il est député européen puis président de la Convention sur l’avenir de l’Europe. Il se retire en 2004 de la vie politique pour siéger au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit à vie en tant qu’ancien président de la République.
Auteur de plusieurs essais et romans, il est élu en 2003 à l’Académie française.

Un combat contre la maladie…

Une infection au poumon l’avait contraint à une hospitalisation, mi-septembre, à l’hôpital Georges Pompidou (Paris). Après un placement en réanimation, l’infection s’était dégradée sans que l’on sache si le coronavirus en était le responsable.
Giscard avait finalement pu regagner son domicile, avant une nouvelle hospitalisation, deux mois plus tard, au CHU Trousseau de Tours pour une insuffisance cardiaque.
Il s’est éteint hier, après avoir contracté la Covid-19, entouré par sa famille dans sa propriété d’Authon dans le Loir-et-Cher.

« Aucune société ne peut vivre sans un idéal qui l’inspire ni une connaissance claire des principes qui guident son organisation. Les périodes de grande civilisation sont celles où ces deux conditions sont réunies. Plus que tout autre, l’esprit français éprouve ce besoin de comprendre. Nos concitoyens veulent savoir selon quels principes ils sont gouvernés et vers quel avenir ils se dirigent » Valéry Giscard d’Estaing

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