Posted on: 3 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Romain Grosjean, pilote franco-suisse, victime d’un violent accident ce dimanche lors du Grand Prix de Bahreïn, a insisté sur le rôle de l’équipement de sécurité. Il faisait pourtant l’objet de nombreuses critiques quand il a été rendu obligatoire en 2018.

Les faits
Dans le premier tour du Grand Prix de Formule 1 de Bahreïn, le pilote français Romain Grosjean, en queue de peloton, a percuté de face, sans doute à plus de 200 km/h, un rail de sécurité, après avoir accroché la roue de Daniil Kvyat, pilote russe pour l’écurie Alpha Tauri.
Sa monoplace s’est immédiatement enflammée. Elle a quasiment ouvert en deux le rail en métal. Une fois les flammes éteintes, l’image de la monoplace coupée en deux parties, de chaque côté du rail, a été le témoin de la violence du choc.

La force de l’impact
Selon la Fédération internationale de l’automobile (FIA), l’impact effroyable du bolide a été mesuré à 53 G en décélération. Pour comprendre la violence de l’impact subi par le corps de Romain Grosjean, 53 G correspond à 53 fois la pesanteur.
De ce fait, Romain Grosjean pesant 71 kilos, au moment du crash, en une fraction de seconde, il a donc pesé l’équivalent de 3 763 kilos (71 x 53) au total. Son cœur pesait environ 62 kilos, son foie 310 kilos et son cerveau 260 kilos. Au moment du choc, tous ces organes vitaux sont venus lourdement s’écraser à l’intérieur du pilote, sur sa boîte crânienne, ses muscles et ses côtes causant des dommages qui peuvent être gravissimes à terme.

Le pilote miraculeusement sauvé
Romain Grosjean s’en sort miraculeusement. En effet, le pilote ne souffre que de légères brûlures aux mains et aux chevilles. Un diagnostic improbable au visionnage des images et de la violence du choc qu’il a subi.

Une réactivité impressionnante de la part de l’équipe médicale
Quelques secondes seulement après l’explosion de la monoplace du français, cette dernière est arrivée à la hauteur du crash. Immédiatement, le médecin Ian Roberts en est sorti pour se rapprocher des flammes et aider Grosjean à passer par-dessus le rail de sécurité, pendant que deux pompiers tentaient de calmer le brasier à coup d’extincteurs.

Des systèmes de sécurité qui ont sauvé la vie du pilote ?
Le halo est un dispositif de sécurité, une sorte d’arceau métallique protégeant la tête d’un pilote automobile conduisant une monoplace dont l’habitacle est ouvert. Il consiste en une barre incurvée faite en titane qui est solidaire du véhicule et placée devant le pilote dans sa ligne de mire. Cet élément lui permet d’être protégé en cas de retournement ou de choc frontal direct. Le halo est une structure de protection à la fois latérale et frontale du cockpit.
Le système a été introduit en 2015. En compétition automobile, ce dispositif a été rendu obligatoire pour la saison 2018 du championnat du monde de Formule 1, suite au règlement de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) et dans la plupart des catégories de monoplaces de la FIA.Les barrières de sécurité et les ceintures ont également fonctionné comme prévu.

Un système controversé
Ce fut la nouveauté la plus controversée en Formule 1 depuis l’introduction avortée début 2016 d’un nouveau mode de qualification, mais le halo, dispositif de protection frontale du cockpit des monoplaces instauré en 2018, est resté.
Il a été développé en deux ans par la Fédération internationale de l’automobile (FIA) après une série d’accidents mortels. Le halo (auréole en anglais) a pour vocation de protéger la tête des pilotes en cas de choc avec un objet propulsé dans les airs.
La structure de titane en forme de bréchet (ou de lanière de tong, pour ses détracteurs) a permis de dévier une roue lancée à 225 km/h lors de tests réalisés par la FIA, mais elle a divisé les différents acteurs de ce sport.
Outre les puristes, qui clamaient que les F1 sont par essence des voitures ouvertes, les préoccupations des réticents étaient d’abord esthétiques, à l’instar de Toto Wolff, le patron de Mercedes, qui demandait, à l’époque, une “tronçonneuse” pour s’en débarrasser.
Après cet accident d’une violence rare, il est à parier que le halo sera reconnu comme un dispositif essentiel à la protection des pilotes de F1 et ce, même par les plus réfractaires !

« En formule 1, chance et malchance n’existent pas. Cette dernière n’est autre que la somme d’éléments ou de situations que nous n’avons pas su ou pu prévoir » Enzo Ferrari (pilote)

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