Posted on: 3 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Les violences policières font débat, la population mais également certaines personnalités s’offusquent de ces scènes de violence. Mais qu’en est-il des violences contre les policiers ? Les médias n’en parlent pas, ou alors minimisent les chiffres.

Depuis quelques semaines, les violences policières sont mises en lumière par les médias et certaines personnalités. Ces cas isolés sont mis en exergue par les journalistes de façon exponentielle. Pendant ce temps, les forces de l’ordre sont mises à mal, dans l’indifférence générale.

Les gilets jaunes, les migrants Place de la République et, Michel Zecler, producteur de musique sont les éléments déclencheurs d’une vague d’indignation contre la police. Il est vrai que ces violences sont totalement inadmissibles mais elles ne sont que des cas isolés de la part d’une poignée de policiers. Ils doivent être sanctionnés mais cela justifie-t-il les images vues samedi lors des manifestations ?

Alors une question se pose : dans une société de droit comme la France, comment est-ce possible que des policiers soient attaqués par des groupes appelés « Black blocs » ?

Les « Black blocs » sont un héritage contemporain du mouvement autonome implanté en ex-RFA dans les années 1980 et qui souhaitait défendre les « lieux de vie collectifs » contre les irruptions policières jugées illégitimes. Le « black bloc » est devenu un acteur politique remarqué à l’échelle internationale, et par là même un mode opératoire imitable et universalisable.

Sans organigramme, ni figures centralisées, le « black bloc » est constitué d’individus et de groupes d’individus organisés ou non, sans appartenance formelle ni hiérarchie, tout de noir vêtus et masqués pour l’anonymat. Il est formé principalement d’activistes issus des mouvances libertaires ou autonomes.

Les actions du « black bloc » ciblent généralement les symboles de l’État (police, tribunaux, bâtiments administratifs) et du capitalisme (banques, agences d’intérim, entreprises multinationales, agences de publicité, lieux de restauration rapide). Afin de justifier leurs interventions parfois violentes face à la mondialisation libérale, les militants soutiennent que le capitalisme est infiniment plus destructeur que leurs actions directes.

Le « black bloc » est médiatisé lors des manifestations contre la Première guerre du Golfe en 1991, puis en 1999 à Seattle lors du contre-sommet de l’OMC, lors des manifestations contre les G8 à Gênes en juillet 2001, à Évian en 2003, à Heiligendamm en 2007, à Strasbourg lors du contre-sommet de l’OTAN en avril 2009, à Hambourg pendant le G20 en 2017, ou encore le 1er mai 2018 ainsi que lors de la crise des Gilets jaunes à Paris.

Comment peut-on expliquer que 300 ou 400 personnes, identifiables de par leurs uniformes, puissent casser et attaquer les forces de l’ordre en toute impunité ?
Le sujet ici n’est pas de justifier les violences de certains policiers sur des personnes innocentes mais de comprendre pourquoi les médias et les politiques s’insurgent des violences, uniquement de la part des policiers mais passent sous silence celles exercées à leur encontre ?

Le Président de la République, Emmanuel Macron, reçu par les journalistes de « Brut » vendredi a froissé les policiers par l’annonce de la mise en place d’une plateforme de signalement des discriminations. Celle-ci sera gérée par l’État, le Défenseur des droits et des associations.

Il n’est pas question ici de défendre les débordements de certains policiers qui peuvent avoir des comportements violents ou discriminatoires.
L’idée est de s’interroger sur l’image de la police aujourd’hui, le manque de soutien qu’ils reçoivent de la part du gouvernement et surtout, de l’aversion d’une grande partie de la population à l’encontre de cette profession.

Quid d’un État de droit qui se retrouverait sans force policière pour maintenir l’ordre et le respect des lois.

Pourquoi est-ce que les « Black blocs » ne sont pas interpellés alors que la police avait pour ordre de ne rien laisser passer aux gilets jaunes ?

Selon un bilan communiqué par Beauvau, 67 policiers et gendarmes (dont 48 à Paris) ont été blessés, et 95 personnes ont été interpellées samedi lors des manifestations contre la proposition de loi «sécurité globale» et les violences policières. Les forces de l’ordre ont reculé face à cette poignée de casseurs.

Plus étonnant encore, les quelques « Blacks blocs » interpellés samedi montrent que leurs profils ne sont pas ceux attendus. Ce sont des jeunes, issus de milieux très favorisés. En effet, une des personnes mises en garde à vue samedi est le fils d’un haut financier. Une autre personne gagne 4500 euros par mois. Ils ne sont pas désespérés, ils ne sont pas acculés par les problèmes financiers ou la crise que le pays traverse. Alors comment justifier ces comportements violents ? Pour rappel, la manifestation de ce samedi avait pour objectif de faire reculer le gouvernement sur la loi « sécurité globale ». Cette loi a pour but de développer de nouvelles prérogatives pour les polices municipales et de structurer le secteur de la sécurité privée.

La proposition de loi « sécurité globale » modifie le cadre juridique des caméras mobiles dont sont dotés policiers et gendarmes, avec une nouvelle finalité qui justifie l’enregistrement et son exploitation : « L’information du public sur les circonstances de l’intervention. » Par ailleurs, le texte permet aussi de transmettre les images en temps réel à la salle de commandement. Les agents qui ont procédé à l’enregistrement pourront accéder aux images dans le cadre d’une procédure judiciaire (procès-verbal) ou d’une intervention, sur une personne en fuite par exemple.

Cette loi concerne également l’usage des drones lors de manifestations, en cas de craintes « de troubles graves à l’ordre public », mais aussi pour la prévention des atteintes à la sécurité des personnes et des biens dans des lieux particulièrement exposés à des risques d’agressions, vols ou trafics d’armes, d’êtres humains ou de stupéfiants, ou encore la surveillance des « rodéos ». Le public sera informé de la mise en œuvre de ces « dispositifs aéroportés de captation d’images ».

La disposition qui fait le plus débat concerne l’article 24 du texte. Ce dernier vise à pénaliser l’usage « malveillant » d’images des forces de l’ordre. Selon l’article 24, la diffusion « du visage ou tout autre élément d’identification » d’un policier ou d’un gendarme en intervention lorsque celle-ci a pour but de porter « atteinte à son intégrité physique ou psychique », sera punie d’un an de prison et d’une amende de 45 000 euros. La mesure n’interdira pas de transmettre les images aux autorités administratives et judiciaires.

En modifiant la loi de 1881 sur la liberté de la presse, la disposition du projet de loi de « sécurité globale » visant à limiter la diffusion d’images des forces de l’ordre sur le terrain a provoqué une levée de boucliers. Les représentants des journalistes et les défenseurs des libertés publiques fustigent « une grave atteinte » au droit des médias.

Cette bataille sur l’article 24 tourne au drame institutionnel puisque Matignon souhaitait une commission afin de réécrire cet article et de bûcher sur « des enjeux de procédure et de formation, ainsi que sur les conditions de travail et d’intervention de la presse et des forces de l’ordre » selon le Premier Ministre, Jean Castex.

Les Parlementaires voient d’un très mauvais œil la création de cette commission puisque cela correspondrait à une ingérence du gouvernement dans les attributions du Parlement.
La question primordiale de ce débat est de savoir si l’accentuation des prérogatives de la police municipale et l’interdiction de filmer les policiers à visage découvert, dans un contexte où les violences policières sont mises en exergue grâce au développement des réseaux sociaux, est la bonne réponse de la part du gouvernement.

L’idée étant, peut-être plutôt, de travailler sur la confiance entre la population française et les forces de l’ordre. L’orientation du gouvernement dans une politique de durcissement n’est certainement pas la ligne directrice à suivre pour apaiser les relations de la police avec le peuple français.

Le gouvernement déçoit par ses décisions sécuritaires, comme il déçoit par les mesures et décisions prises concernant la crise du Covid. Une accumulation qui risque, dans les semaines et mois à venir, de diviser encore plus le pays et d’accentuer un climat de tensions qui pourrait atteindre son paroxysme si le président et son gouvernement ne changent pas de cap.

« Toute réforme imposée par la violence ne corrigera nullement le mal : la sagesse n’a pas besoin de la violence » Léon Tolstoï (Ecrivain)

Leave a Comment