Posted on: 8 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Depuis les premiers résultats des élections américaines, qui ont donné Joe Biden gagnant, Donald Trump enchaîne les provocations et les bourdes. Hier, nous avons assisté au point culminant de ce comportement puéril, à la limite du pathétique.

 Pour rappel, l’élection présidentielle américaine de 2020 a eu lieu le 3 novembre 2020 afin d’élire au scrutin indirect le président des États-Unis. Les électeurs ont élu les grands électeurs, qui à leur tour ont élu Joe Biden Président et Kamala Harris, Vice-présidente du pays le 14 décembre 2020.

Un refus catégorique de reconnaître la défaite depuis plusieurs semaines

Samedi 5 décembre, lors de son premier meeting suite à l’élection présidentielle américaine, retrouvant ses fidèles qui le galvanisent, il a fait campagne pour l’élection sénatoriale qui décidera de l’équilibre du pouvoir à Washington. En effet, Donald Trump avait espoir que les Républicains obtiennent la majorité au Sénat. Lors de son discours, il avait même lancé « Je ne veux pas attendre 2024, je veux revenir trois semaines en arrière ».

Il a ensuite accusé les élections d’être truquées. « Nous sommes en train de gagner cette élection » a expliqué le président sortant. « Ils vont tenter de nous convaincre que nous avons perdu. Nous n’avons pas perdu » a-t-il ajouté sous des cris enthousiastes. « Cette élection a été truquée. » a-t-il alors ajouté.

Donald Trump a tenté de faire invalider la victoire de Joe Biden. Le président sortant avait alors promis de batailler en justice pour obtenir un renversement des résultats, sans toutefois apporter la moindre preuve des « fraudes » massives qu’il dénonçait.

Celui qui est toujours président des Etats-Unis jusqu’au 20 janvier prochain n’a eu de cesse de dénoncer des « fraudes électorales ».

Sur Twitter, le président a continué d’accuser les démocrates de triche et a multiplié les allégations signalées comme « trompeuses » par le réseau social.

L’équipe de Donald Trump a déposé au moins sept recours dans six Etats : la Pennsylvanie, le Michigan, l’Arizona, le Nevada, la Géorgie et le Wisconsin. Tous ont été déboutés.

Depuis que Joe Biden a été déclaré vainqueur, Donald Trump n’a donc cessé de refuser de reconnaître sa défaite et a cumulé les attitudes d’enfant gâté qui ne voudrait pas partager ses jouets. Il a d’ailleurs été suspendu plusieurs fois par tweeter, sa scène favorite, obligé de rappeler à l’ordre ce grand adolescent en pleine crise existentielle. Une attitude qui a largement agacé chez les démocrates, comme dans son propre camp.

Le point d’orgue de ses provocations atteint hier

Des policiers l’arme dégainée dans le cœur du Congrès des États-Unis, des élus protégés par des masques à gaz, des manifestants brisant des vitres : le Capitole de Washington a sombré dans un chaos dramatique et des violences inédites dans son histoire. Cette scène digne d’un film gros budget s’est déroulée alors même que le Parlement américain s’attelait à la certification de l’élection de Joe Biden. Ce dernier a d’ailleurs dénoncé une insurrection pour parler de la situation.

Criant « USA ! USA ! » et arborant des drapeaux, t-shirts et casquettes à l’effigie de leur idole, ils ont réussi à pénétrer jusque dans les hémicycles des deux chambres. Un policier est mort suite à une blessure par balle. Une partisane du futur ancien président a également été grièvement blessée par balle dans des circonstances peu claires. Elle est décédée de ses blessures peu après.

Une forme de coup d’Etat ? Donald Trump avait appelé à une manifestation au Capitole hier pour une « journée folle ». Ses partisans ont donc répondu à cet appel et sont venus en nombre.

Donald Trump avait prévenu qu’il tenterait d’empêcher le Congrès de certifier officiellement, ce mercredi, la victoire électorale de Joe Biden. N’ayant aucun moyen légal de le faire, il a essayé de menacer le Vice-président Mike Pence, qui présidait la séance mais dont le rôle était strictement protocolaire. Ce dernier a refusé, s’abritant derrière les « contraintes » de la Constitution.

Ne sachant plus quoi faire, et devant trépigner comme un gamin à qui on refuse une glace, Donald Trump n’avait donc plus d’autre choix que de pousser les foules à boycotter cette session parlementaire, qui marque la dernière étape de reconnaissance de Joe Biden comme le 46ème Président des Etats-Unis.

Ces images, dans ce lieu si solennel de la première démocratie mondiale ont, une fois de plus, montré l’inconscience du futur ex-président et la dangerosité des réseaux sociaux mal employés, ainsi que celle d’une foule poussée à son paroxysme de violence.

Les démocrates au pouvoir avec ou sans l’approbation de Trump

Deux mois après leur déception du 3 novembre 2020 au Congrès, ils ont enregistré un succès inespéré : le Sénat a basculé dans leur camp. Joe Biden a désormais les coudées franches, ou en tout cas, moins entravées, pour mettre en œuvre son programme. « Nous n’avons pas emprunté le chemin le plus direct pour arriver ici mais nous voilà. Et c’est un jour nouveau » a déclaré Chuck Schumer, prochain chef de la majorité sénatoriale.

Ce résultat miraculeux pour Joe Biden est venu d’un endroit improbable, la Géorgie, Etat du sud, dans lequel aucun démocrate n’avait gagné depuis 1992. Les démocrates comptent donc 50 sièges au Sénat, comme les républicains. C’est Kamala Harris qui pourra faire pencher la balance puisque, comme le prévoit la constitution, la future vice-présidente a le pouvoir de départager les votes.

Parmi les attributions du Sénat américain figurent l’examen et la confirmation par un vote, d’abord en commission, puis de tous les sénateurs, des plus hauts responsables de l’administration, des ministres et de leurs adjoints, mais aussi des ambassadeurs, des responsables militaires et des directeurs des multiples agences fédérales qui constituent le gouvernement américain.

Le Sénat confirme aussi les juges, notamment ceux de la Cour Suprême, la plus haute juridiction du pays dont les décisions ont d’importantes répercussions sur des sujets de société, comme l’avortement ou le mariage homosexuel.

Donald Trump destitué ? La gaffe de trop ?

Plusieurs ministres et élus Républicains songeraient à invoquer le 25ème amendement de la Constitution américaine, permettant la destitution de l’actuel Président. A noter que le ministre des transports, le ministre de l’éducation, l’émissaire des États-Unis en Irlande du Nord, le conseiller adjoint à la sécurité nationale et la porte-parole de la Première dame ont démissionné de leurs fonctions.

La section 4 du 25ème amendement précise que « Si le vice-président, ainsi qu’une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs ou de tel autre organisme désigné par une loi promulguée par le Congrès, font parvenir au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les avisant que le président est dans l’incapacité d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président assumera immédiatement ces fonctions en qualité de président par intérim ».

Une déclaration qui, si elle est officiellement déposée, peut être refusée par le Président en exercice, ouvrant ainsi la voie à un vote au Congrès pouvant mener à la destitution de celui-ci. La personne destituée serait alors dans l’impossibilité de se présenter à tout poste officiel dans le futur et donc à la future présidentielle de 2024.

Selon Alan Dershowitz, avocat de Donald Trump le 25ème amendement est « totalement inapplicable » dans cette situation. « Il a été élaboré dans le cas d’un président qui était physiquement inconscient ou cliniquement fou et donc il serait inconstitutionnel d’appliquer le 25ème amendement dans le cas du président Trump », a-t-il précisé.

Pour le moment cette procédure n’a pas été officiellement déclenchée. Au vu des incidents d’hier et de l’attitude irrationnelle et dangereuse de Donald Trump, c’est une solution envisagée pour éviter qu’il ne revienne sur le devant de la scène politique dans les années à venir.

Donald Trump change de cap

Ce jour, il a condamné les violences et actions de ses partisans, après les avoir poussés à agir de la sorte. De plus il promet « une transition sans accros » sans pour autant reconnaître sa défaite. Un volte-face étonnant, sûrement lié à sa peur panique de ne pas pouvoir revenir devant le peuple américain pour de futures élections.

« Un homme à qui le pouvoir monte à la tête est toujours ridicule » Henry de Montherlant (Auteur dramatique et romancier français)

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