Posted on: 21 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Joe Biden est officiellement le 46ème Président des Etats-Unis. Cette investiture, qui a eu lieu hier, s’est déroulée dans le calme, avec la présence de nombreux militaires. En effet, la crainte d’un soulèvement comme celui qui a touché le Capitole il y a deux semaines, était présente dans tous les esprits.

 Mercredi 20 janvier, à midi, heure de Washington, DC (soit 18 heures à Paris), le démocrate Joe Biden est devenu officiellement le 46ème président des Etats-Unis. Son prédécesseur républicain, Donald Trump, retourne, lui, à la vie civile après quatre années d’un mandat houleux, qui laisse le pays dans un état financier et social déplorable.

Un discours qui appelle au rassemblement du peuple américain

Dans son discours, Joe Biden s’est voulu rassembleur. « Nous pouvons nous traiter les uns les autres avec dignité, respect, nous traiter comme voisins plutôt que comme adversaires, arrêter de crier et de hurler pour faire redescendre la température », a-t-il notamment déclaré. « Nous avons beaucoup à faire, beaucoup à réparer, à construire, à soigner (…). Peu de personnes dans notre histoire ont eu à faire face à des temps aussi troublés ». Joe Biden a également promis de « vaincre le suprémacisme blanc et le terrorisme intérieur » et a appelé à rejeter une culture où les faits « sont manipulés, et même inventés ». A la fin de son discours, le nouveau président des Etats-Unis a fait observer une minute de silence en hommage aux victimes du Covid-19.

Une investiture en comité restreint

Le président élu Joe Biden et sa vice-présidente Kamala Harris ont prêté serment au Capitole, mercredi peu avant midi, en présence des ex-présidents Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton. Donald Trump, parti directement de la Maison-Blanche pour la Floride quelques heures plus tôt, n’a pas assisté à la cérémonie, une première depuis 150 ans dans l’histoire américaine. Il a cependant laissé une lettre dans le Bureau Ovale pour son successeur, comme le veut la tradition. Son vice-président Mike Pence était présent dans la tribune. C’est la sénatrice américaine Amy Klobuchar, qui a officiellement ouvert la cérémonie en rappelant la fragilité de la démocratie américaine après les événements du mercredi 6 janvier. « Il y a vraiment une confiance à créer entre nos dirigeants et notre peuple », a-t-elle déclaré, en appelant à la paix, avant de passer la parole à son collègue Roy Blunt, qui a participé à l’organisation de ce moment d’inauguration, comme le nomment les Américains. La cérémonie s’est déroulée sans public du fait de la pandémie de Covid-19. De plus, deux semaines jour pour jour après l’assaut du Capitole par des partisans du président sortant, la capitale était barricadée, sous haute garde militaire. Environ 25 000 soldats de la garde nationale étaient déployés pour protéger une large « zone rouge » allant de la colline du Capitole à la Maison Blanche. Le président élu et Kamala Harris ont prêté serment sur la grande tribune devant quelques invités seulement. En raison des mesures sanitaires, la vaste esplanade du « National Mall » n’a pu être ouverte aux centaines de milliers d’Américains qui s’y rassemblent traditionnellement tous les quatre ans, pour l’investiture des présidents successifs. De nombreuses personnalités politiques étaient présentes, ainsi que des stars comme Lady Gaga, qui, pour l’occasion a interprété l’hymne américain « Star Spangled Banner », Jennifer Lopez qui a chanté « This Land is your Land », célèbre chanson folk de Woody Guthrie ou encore Garth Brooks, venu interpréter « Amazing Grace ». Côté personnalités politiques il faut citer la présence de la cheffe de la Chambre des Représentants Nancy Pelosi, mais aussi celle de Mitch McConnell, chef de la minorité républicaine au Sénat, longtemps soutien de Donald Trump. Étaient également invités les membres du Congrès, les proches du président et de la vice-présidente ainsi que les invités de marque comme les anciens présidents (seul Jimmy Carter, âgé de 96 ans, n’a pu se déplacer pour des raisons de santé et Donal Trump, pour les raisons évoquées précédemment).

Les premiers actes du nouveau président

Le nouveau président des États-Unis s’est posé ce mercredi en guérisseur des âmes. Il a voulu montrer des actes très rapidement. Environnement, immigration, santé : ce ne sont pas moins de 17 décrets qui ont été déjà signés.

Des mesures contre la pandémie et ses conséquences sociales et économiques

Joe Biden a décidé de réintégrer l’Organisation Mondiale de la Santé, boudée par Donald Trump. Il a nommé Anthony Fauci pour y intervenir au nom des Etats-Unis. Pour limiter la propagation du virus, qui a fait plus de 400 000 morts dans le pays, le président a signé un décret pour rendre obligatoire le port du masque dans les bâtiments fédéraux et pour l’ensemble des agents fédéraux. Un autre décret a donné naissance à une agence rattachée à la Maison Blanche chargée de coordonner l’action sanitaire contre le coronavirus. Afin d’atténuer l’impact de ce dernier sur les personnes ayant perdu leurs revenus, il a également étendu le moratoire sur les expulsions de logement et la pause dans le remboursement des prêts étudiants fédéraux. Il a également lancé le défi au peuple américain, de porter le masque pendant 100 jours.

Des mesures en faveur du climat

Le démocrate, qui a fait de la lutte contre le réchauffement climatique une autre priorité de son mandat, veut revenir dans l’accord de Paris d’ici un mois. Il est aussi revenu sur une série de mesures de dérégulation prises par l’administration sortante en matière de normes environnementales et a révoqué l’autorisation donnée par Donald Trump au projet controversé d’oléoduc Keystone XL, entre les Etats-Unis et le Canada. Joe Biden s’entretiendra vendredi avec le premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui s’est dit « déçu » par la décision du nouveau président américain de bloquer un projet d’oléoduc entre les deux pays. Il prévoit également un moratoire sur les activités pétrolières et gazières dans une réserve naturelle de l’Arctique où l’administration Trump avait récemment autorisé le développement de projets.

Des mesures sur la lutte contre l’immigration

En matière de politique migratoire, il a aussi pris le contre-pied de Donald Trump, qui avait fait de la lutte contre l’immigration illégale un marqueur de sa présidence. Joe Biden a annulé ainsi le « Muslim ban », un décret migratoire controversé adopté par son prédécesseur pour interdire aux ressortissants de pays en majorité musulmans d’entrer aux Etats-Unis. Cette mesure était « enracinée dans la xénophobie et l’animosité religieuse », a justifié Jake Sullivan, le futur conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche. Le démocrate a, par ailleurs, signé une « proclamation » pour suspendre les travaux de construction d’un mur à la frontière avec le Mexique et son financement grâce au budget du Pentagone. « Le Mexique salue la fin de la construction du mur » et « un chemin vers la double citoyenneté », a réagi le ministre des affaires étrangères mexicain, Marcelo Ebrard, sur Twitter. Joe Biden transmettra également un projet de loi sur l’immigration au Congrès. Il va soutenir le projet « Dreamers » en donnant à près de 700 000 jeunes arrivés clandestinement aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient enfants, les « Dreamers » et aux autres immigrés en situation irrégulière, une possibilité de naturalisation à terme et sous conditions. Enfin, il souhaite mettre en place un projet de réforme prévoyant des fonds supplémentaires pour renforcer la surveillance et les contrôles aux frontières et un plan d’assistance au Salvador, au Guatemala et au Honduras, les pays d’origine de la plupart des migrants, de 4 milliards de dollars sur quatre ans.

Des mesures éthiques au sein des administrations du pays

Joe Biden a signé un décret pour ordonner aux agences fédérales d’évaluer les inégalités dans leurs programmes et politiques, a précisé Susan Rice, future directrice du conseil de politique intérieure et pour réinstaurer les formations à la diversité annulées par son prédécesseur. Il souhaite également rétablir la confiance du peuple américain envers son gouvernement et ses gouvernants.

Des mesures renforçant les droits humains

Joe Biden souhaite lancer une initiative pour faire progresser l’équité raciale. Le nouveau président veut aussi révoquer le plan de Trump visant à exclure les non-citoyens du recensement américain ou encore combattre les discriminations fondées sur l’identité de genre ou l’orientation sexuelle.

Bloquer les lubies de dernière minute de Donald Trump

Joe Biden va geler tous les décrets de dernière minute pris par l’ancien président et son administration.

Un plan de relance colossale

Joe Biden a dévoilé un plan de relance de 1 900 milliards de dollars. Ce plan de relance de l’économie comprend des chèques directs de 1 400 dollars aux familles et des aides d’un montant de 350 milliards de dollars aux Etats et aux collectivités locales.

« Les décisions de ce premier jour ne sont qu’un début », a déclaré le porte-parole de Joe Biden. « Dans les jours et les semaines à venir, nous annoncerons des initiatives supplémentaires de l’exécutif pour faire face à ces défis et tenir les promesses du président élu », a-t-il assuré.

« Un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil » Abraham Lincoln (seizième président des États-Unis)

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