Posted on: 29 janvier 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

On les aime et ils nous le rendent bien ! Si seulement c’était si simple. Chaque année, des animaux sont mis en captivité, abandonnés, violentés, maltraités. Les associations de protection animale se battent au quotidien et tentent de faire pression auprès des pouvoirs publics pour faire cesser ces pratiques mais est-ce suffisant ?

Pour près de 7 Français sur 10 (69%), les animaux sont mal défendus par les politiques, selon le baromètre Ifop pour la Fondation 30 Millions d’amis, selon qui les parlementaires sont « sous la pression de l’opinion ».

Quels sont les chiffres ?

Selon un bilan dévoilé par la gendarmerie nationale, ce sont 9 504 infractions liées à des actes de cruauté et de mauvais traitements envers des animaux domestiques qui ont été enregistrées en 2018. Chiens et chats n’ont pas tous la chance d’avoir une vie facile.

Chaque année, en France…

  • 11 animaux domestiques sont abandonnés par heure.
  • 90 espèces sauvages sont tuées par les chasseurs.
  • 95 animaux sont mangés par français omnivore.
  • 200 équidés sont maltraités.
  • 500 souris sont tuées par lot d’injections de Botox.
  • 600 chats sont utilisés et sacrifiés par les chercheurs français.
  • 1 200 animaux parcourent le territoire emprisonnés dans des cirques.
  • 3 000 chiens sont utilisés et sacrifiés par les chercheurs français.
  • 10 000 taureaux sont massacrés au nom de la corrida.
  • 20 600 équidés sont égorgés.
  • 100 000 animaux sont abandonnés (dont 60 000 l’été).
  • 250 000 animaux sont euthanasiés pour raisons financières.
  • 1,3 millions de souris sont utilisées dans les laboratoires.
  • 2,2 millions d’animaux sont utilisés pour l’expérimentation (soit 4 animaux par minute).
  • 3,5 millions de petits oiseaux sont tués illégalement sur le pourtour Méditerranéen.
  • 33,6 millions de poules sont élevées en batterie.
  • 6 taureaux sont torturés et sacrifiés pour chaque corrida.
  • 19% des animaux tués dans les laboratoires en Europe proviennent des laboratoires français. Ce qui fait de la France le pays européen qui utilise le plus l’expérimentation animale.

Des chiffres qui donnent le tournis !

Et chez nos amis européens ?

  • 90 animaux sont utilisés pour des expériences de produits cosmétiques alors que cette pratique est interdite.
  • 12 millions d’animaux (furets, chats, chiens, lapins…) sont réquisitionnés et sacrifiés par les laboratoires scientifiques soit 22 animaux par minute.

Chaque année, dans le monde…

  • 140 millions d’animaux sont dépecés pour leur fourrure.
  • 65 milliards d’animaux sont tués pour notre alimentation.

Alors, concrètement, que fait la France pour lutter contre la maltraitance animale ?

La loi interdit les mauvais traitements envers les animaux domestiques, les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité. Le Code pénal sanctionne les sévices graves ou de nature sexuelle et les actes de cruauté de nature intentionnelle commis sur les animaux.

Une évolution du statut juridique des animaux depuis 1976

En France, c’est la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature qui fonde la politique de protection animale. L’article 9 de la loi est ainsi rédigé : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». En 1999, le Code civil est modifié une première fois. Les animaux sont toujours considérés comme des biens, mais ils ne sont plus assimilés à des choses. En 2015, la notion d’être vivant doué de sensibilité intègre le Code civil. Le concept était déjà inscrit dans le Code rural depuis la loi de 1976, mais sa portée symbolique se trouve élargie par son intégration dans le Code civil. L’animal reste un « objet de droit », un objet que l’on peut posséder ou utiliser. Mais sa sensibilité le place au-dessus des objets non-vivants. Pour les associations de protection des animaux, il s’agit d’une modification importante du statut juridique, première marche vers une reconnaissance des animaux comme des « sujets de droit », soit des personnes reconnues par le droit français. Cette définition permettrait alors d’effectuer un rapprochement avec la reconnaissance d’une « sentience » animale, terme anglais utilisé par les éthologues pour désigner un être conscient capable de percevoir et de ressentir des émotions. De plus, la loi agriculture et alimentation, promulguée le 1er novembre 2018, comporte plusieurs mesures pour lutter contre la maltraitance animale, notamment dans les phases de transport et d’abattage :

  • Le délit de maltraitance en élevage a été étendu aux activités de transport et d’abattage ;
  • Les peines ont été doublées passant de 6 mois à 1 an d’emprisonnement, assorties d’une amende de 15 000 € ;
  • Les associations de protection animale peuvent désormais se porter partie civile ;
  • Un responsable de la protection animale est désigné dans chaque abattoir, tout employé acquiert un statut de lanceur d’alerte ;
  • Mise en place de la vidéosurveillance dans les abattoirs expérimentée dans les établissements volontaires ;
  • Interdiction de mise en production de tout nouveau bâtiment d’élevage de poules pondeuses en cages.

Mais également concernant les peines encourues en cas de maltraitance animale :

  • La loi interdit les mauvais traitements envers les animaux domestiques, les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité. Pour les animaux d’élevage, elle renvoie à des décrets le soin de déterminer les mesures propres à assurer la protection des animaux contre les mauvais traitements, les utilisations abusives ainsi que les souffrances lors du parcage, du transport ou de l’abattage. De même, elle précise que l’utilisation des animaux à des fins scientifiques doit être limitée « aux cas de stricte nécessité ».
  • Le Code pénal sanctionne les sévices graves ou de nature sexuelle et les actes de cruauté de nature intentionnelle commis sur les animaux. L’abandon d’un animal domestique est ainsi assimilable à un acte de cruauté. Une personne qui abandonne son animal lors d’un départ en vacances peut être condamnée à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Pour exemple concret, en 2014, un an de prison a été requis par un tribunal de grande instance contre un homme qui avait violemment lancé un chat contre un mur. Le procureur de la République avait dénoncé une « perversité sadique ».

Qu’est-ce que le bien-être animal ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé animale, le bien-être animal repose sur 5 principes selon lesquels l’animal ne doit pas :

  • souffrir de faim, de soif et de malnutrition ;
  • souffrir de stress physique et thermique ;

Et doit :

  • être indemne de douleurs, de blessures et de maladies ;
  • avoir la possibilité d’exprimer les comportements normaux de son espèce ;
  • être protégé de la peur et de la détresse.

Evidemment, cela ne suffit pas et, chaque année, de nombreux animaux continuent d’être abandonnés, maltraités ou mis en captivité dans des conditions déplorables.

Que prévoit la proposition de loi débattue à l’Assemblée Nationale cette semaine ?

Cette proposition de loi envisage plusieurs points supplémentaires afin de protéger nos amis les bêtes. Chiens et chats de compagnie, sort des dauphins, ours ou visons… il s’agit de débattre d’une proposition de loi de la majorité qui répond au désir d’une large partie de la population de voir les droits des animaux améliorés ainsi qu’aux nombreuses pressions qu’exercent les associations de protection animale. Le texte prévoit de nombreuses dispositions dont voici les principales :

L’article premier de la proposition de loi instaure « un certificat de connaissance des besoins spécifiques de l’espèce » pour la première acquisition d’un animal de compagnie. Pour rappel, les Français possèdent plus de neuf millions de chiens, 15 millions de chats, un million d’équidés. Mais ils sont aussi les champions européens de l’abandon. L’idée est de lutter contre les abandons en informant mieux des besoins et des coûts (alimentation, frais vétérinaires, éducation…) liés à la possession d’un chien, chat ou cheval.

La loi prévoit également un durcissement des sanctions contre la maltraitance animale avec l’augmentation à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende en cas de morts de l’animal. Le principe d’une peine aggravée en cas de maltraitance par le propriétaire de l’animal ou un membre de la famille a été retenu : une circonstance aggravante a été ajoutée à l’acte d’abandon en cas de mise en péril de l’animal (cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende). Les peines pour zoopornographie sont également durcies.

A noter également, les dispositions concernant les cirques itinérants et les delphinariums. Des articles reprennent le projet d’interdire les animaux sauvages dans les cirques ambulants et les cétacés dans les delphinariums. Le Parc Astérix a d’ailleurs d’ores et déjà annoncé la fermeture de son delphinarium qui comptait huit dauphins.

Sans oublier les visons. En effet, les trois élevages de visons d’Amérique, élevés pour leur fourrure, seront fermés dans un délai de deux ans. Les bêtes d’une quatrième exploitation, touchée par le Covid-19, ont été abattues en novembre.

Des avancées notables mais insuffisantes selon les associations de protection animale

Les organismes de protection animale saluent ces nouvelles mesures à l’exemple de la Ligue pour la protection des oiseaux mais l’association compte toutefois sur les amendements visant à abolir des « modes de chasses cruels ». Le président de la SPA, Jacques Charles Fombonne, regrette que « l’interdiction de la vente des animaux sur internet soit absente de la proposition de loi ». Et ce n’est pas tout. Parmi les autres sujets qui ne figurent pas dans le texte il faut citer l’élevage intensif, la chasse et la corrida. La Fondation 30 millions d’Amis pointe notamment des attentes plus élevées par les Français. D’après le baromètre Ifop pour la Fondation 30 millions d’amis, 77 % des Français réclament la fin de la chasse à courre et 89 % sont favorables à l’interdiction de l’expérimentation animale lorsque des alternatives existent.

Et s’il fallait aller plus loin ?

Quid de la fourrure, encore trop utilisée par nos marques préférées

  • 0,6 m² est la taille de la cage de vie des renards et des visons élevés pour la fourrure ;
  • 10% c’est l’augmentation d’animaux tués pour l’industrie de la fourrure chaque année depuis 10 ans ;
  • 3ème, c’est le rang occupé par le trafic illégal d’animaux domestiques après la drogue et les armes à feu ;
  • 4ème, c’est le rang occupé par le braconnage d’espèces sauvages ;
  • Sur 180 animaux tués, la fourrure de seulement 42 d’entre eux est réellement utilisée. Le reste est jeté comme simple déchet.

Et si, le simple fait de manger de la viande était déjà un problème pour la planète et les animaux ?

Voici les chiffres :

  • 100 % des bêtes en Île de France sont égorgées en toute conscience, sans étourdissement préalable et sans que le consommateur en soit informé (la France refuse l’étiquetage) ;
  • 14 minutes, c’est le temps que les animaux peuvent mettre pour mourir à l’abattoir ;
  • 1 abatteur exécute jusqu’à 600 bovins par jour ;
  • 40 millions de poussins sont broyés par les couvoirs (soit 1 poussin par seconde). 33,6 millions de poules sont élevées en batterie ;
  • 3 millions d’animaux sont tués dans les abattoirs quotidiennement ;
  • 40 millions d’animaux dits « de boucherie » sont tués (bœuf, mouton, cheval, veau, agneau, chevreau, porc) ;
  • 1 milliard d’animaux dits « gibiers » sont tués (volaille, lapin, cerf, chevreuil, sanglier).

Même s’il n’est pas possible aujourd’hui de contraindre les êtres humains à radicalement changer leurs habitudes alimentaires et totalement bouder la viande, il est tout de même temps que la souffrance animale disparaisse définitivement de nos coutumes. Les abattoirs cherchent le profit à tout prix, sans se soucier du traitement subi par les animaux lors de leur mise à mort. Trop d’images insoutenables sont encore tournées par les associations comme L214, afin de dénoncer ces agissements. Une prise de conscience collective est en train de naître et les français sont préoccupés par ce sujet. Selon l’association 30 millions d’Amis, 75 % des Français réclament l’interdiction de la corrida, plus de 8 Français sur 10 exigent l’étourdissement préalable des animaux avant leur abattage sans dérogation possible, 77 % des Français réclament l’abolition de la vénerie, 81 % des Français sont favorables à l’abattage des animaux par un professionnel, sur leur lieu d’élevage et 64% des français veulent interdire la vente d’animaux par petites annonces.

« Un pays est à l’image de ses animaux. De la protection qu’on leur accorde. Si les gens ont un comportement bestial envers les animaux, aucune démocratie ne pourra leur venir en aide. Pas plus qu’autre chose d’ailleurs » Olga Tokarczuk (femme de lettres polonaise. Prix Nobel de littérature 2018)

Leave a Comment