Posted on: 5 février 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

L’élu de gauche a dénoncé un gaspillage de l’argent public par l’ancienne majorité de droite, à la tête de la municipalité pendant vingt-cinq ans. De ce fait, il souhaite vendre le stade de la cité phocéenne.

Petit rappel sur l’histoire du stade vélodrome

La ville de Marseille souhaite, en 1928, ériger un stade municipal, le stade de l’Huveaune étant la propriété de l’Olympique de Marseille. Un premier projet est repoussé par le conseil municipal en 1930, le coût des opérations étant jugé trop important. La Coupe du monde de football 1938, organisée en France, relance l’idée d’une enceinte sportive. En 1935, l’architecte parisien Henri Ploquin, qui a notamment travaillé sur le stade municipal de Vichy, propose la construction d’un stade olympique comprenant une piste ainsi qu’un palais des sports. Pour des raisons budgétaires, seul le stade est finalement réalisé. Le 28 avril 1935, la première pierre du Vélodrome est posée par le maire de Marseille, le docteur Georges Ribot, sur les ruines des anciennes usines automobiles Turcat-Méry, entre le quartier de Saint-Giniez et le quartier Sainte-Marguerite dans le Sud de la ville.

L’enceinte du Stade-Vélodrome est inaugurée le 13 juin 1937 par Léo Lagrange, alors sous-secrétaire d’État aux sports, devant près de trente mille spectateurs : une grande journée sportive est organisée, avec un meeting d’athlétisme et une course cycliste sur les pistes prévues à cet effet. En conclusion de cette fête sportive un match amical est disputé entre l’Olympique de Marseille et les Italiens du Torino Football Club qui se conclut sur le score de 2 à 1 pour les Olympiens, qui déménagent donc de l’Huveaune vers le Vélodrome. Le 29 août 1937, la deuxième journée du Championnat de France de football met aux prises l’OM à l’AS Cannes. C’est le premier match de football en compétitions officielles au Vélodrome. Néanmoins, les Marseillais n’adoptent pas si facilement le tout nouveau stade, qui est vu comme le « stade de la mairie ». Pour les habitants, le vrai stade de l’OM reste en effet le stade de l’Huveaune, propriété de l’OM et dont la construction des tribunes est financée par les supporters au début des années 1920.

Initialement de 35 000 places, le stade accueille, outre le football, des courses cyclistes (le vélodrome sera supprimé dans les années 1980), de rugby à XIII (rencontres de l’équipe de France et du Marseille XIII, club créé par Paul Ricard en 1946), des matches du XV de France, ainsi que certaines rencontres de phase finale du Championnat de France de rugby à XV et du RC Toulon, sans oublier des concerts de grande ampleur.

Le stade connaît plusieurs extensions au cours du 20ème siècle. Pour la Coupe du monde de football 1998, l’enceinte passe à 60 000 places et son toit est supprimé. Il est rétabli en vue du championnat d’Europe de football 2016, avec une capacité augmentée à 67 394 spectateurs. Depuis 2014, le stade répond aux critères des stades de catégorie 4 de l’UEFA.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Alors que l’Olympique de Marseille est en pleine crise, le maire de la ville, Benoît Payan, a fait part, mercredi 3 février, de son souhait de vendre l’Orange vélodrome. Lors d’un échange avec des internautes, il a souligné le coût élevé que représente le stade pour la commune alors même que Marseille présente une situation financière « catastrophique », selon un audit récent.

« Je veux vendre parce qu’il nous coûte trop d’argent. Je veux le vendre parce que c’est une gabegie financière », a-t-il ainsi expliqué, rappelant qu’il s’était déjà exprimé en ce sens lorsqu’il était dans l’opposition.

Pour rappel, Benoît Payan a repris les rênes de la ville, à la tête de la coalition de gauche du Printemps marseillais, après la démission de l’écologiste Michèle Rubirola, devenue première adjointe au maire.

« Je le ferai si je trouve un acheteur. Et je me débrouillerai dans les mois, les années qui viennent pour trouver un acheteur. Le stade, c’est plus possible. Niet, terminé. Quinze millions d’euros de la poche des marseillaises et des marseillais pendant trente ans, terminé. »

Lors de la remise d’un audit, commandé après la victoire de la gauche aux élections municipales, l’élu avait dénoncé, plus tôt dans la journée de mercredi, un gaspillage de l’argent public par l’ancienne majorité de droite, au pouvoir pendant vingt-cinq ans. « Et, en matière de gabegie, c’est souvent par le sport que la majorité précédente a pêché », a notamment regretté M. Payan. « La mauvaise négociation financière (du stade) nous a coûté 93 millions d’euros », a-t-il ajouté.

Le nouveau stade Vélodrome devait pourtant marquer le renouveau de l’Olympique de Marseille. En 2014, le second plus grand stade du pays (67.000 places) après le Stade de France (80.000 places) a été rénové pour environ 268 millions d’euros, avec notamment la construction d’un toit.

De plus, la Chambre Régionale des Comptes (CRC) avait déjà estimé, en novembre dernier, que le loyer versé par l’OM à la municipalité était trop faible. Il faudrait qu’il passe de 5 millions d’euros par an aujourd’hui à 8 millions, écrivaient alors les magistrats, dénonçant également les 52,2 millions d’euros de subventions versées entre 2012 et 2017.

Reste à savoir combien la mairie de Marseille pourrait réclamer pour le stade Vélodrome et si Frank McCourt pourrait être intéressé. A l’heure où les rumeurs de rachat de l’OM sont nombreuses, cette envie de la mairie de Marseille de vendre le stade pourrait aussi intéresser un éventuel repreneur, qui devra par contre avoir les reins très solides pour pouvoir racheter à la fois l’OM et le stade.

Pas sûr que cette annonce, intervenant en pleine crise pour le club de l’OM, apaise la colère des supporters marseillais !

« Un seul sport n’a connu ni arrêts ni reculs : le football. A quoi cela peut-il tenir sinon à la valeur intrinsèque du jeu lui-même, aux émotions qu’il procure, à l’intérêt qu’il présente ? » Pierre de Coubertin (historien, pédagogue et scientifique)

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