Posted on: 16 février 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Le courant ne passe plus entre l’OM et ses supporters. Dans un contexte de tension très forte à la suite des incidents qui ont éclaté à la Commanderie, le club phocéen a décidé de prendre des dispositions. En ce sens, les associations de supporters ont reçu un courrier de mise en demeure de la part de l’OM, faisant craindre une rupture de la convention sur les abonnements.

Que dit cette convention ?

Signée en 2016, celle-ci avait acté la reprise en main par le club de la commercialisation des abonnements.

Cette convention émane de l’héritage de l’ère Tapie, à une époque où le club fournissait plusieurs dizaines de milliers d’abonnements aux associations de supporters qui les revendaient à leurs membres. La question des abonnements est, en effet, très sensible à Marseille.

Modifiée en 2016 sous la présidence de Vincent Labrune, elle actait la reprise par le club de la commercialisation des abonnements qui sont nominatifs, et affirmait qu’aucun flux d’argent ne pouvait circuler entre les groupes de supporters et le club. Depuis cette date, ils menaient alors conjointement la campagne d’abonnements.

Que souhaite faire le club ?

En annonçant une « grande initiative de concertation avec les supporters », l’OM entend mener des réflexions avec les supporters afin d’établir, à l’occasion de plateformes d’échanges, une nouvelle définition du supportérisme, « pour que celui-ci ne soit plus capté par des bandes violentes ».

À l’instar de ce qu’avait fait le Paris Saint-Germain avec le plan Leproux, le club phocéen va réformer lui aussi le supportérisme phocéen. L’OM vient en effet d’officialiser le futur lancement du projet Agora OM. Une initiative visant à créer une grande concertation entre     « les amoureux de l’OM » et la direction dans le but d’élaborer une nouvelle façon d’encourager les partenaires de Dimitri Payet. En clair, il s’agit d’une mesure impulsée par Jacques-Henri Eyraud et menée par le directeur général du club, Hugues Ouvrard qui n’est pas vraiment favorable aux groupes d’ultras.

Mais l’OM fait également planer la menace d’une rupture de la convention sur les abonnements avec les groupes de supporters, via une mise en demeure de six pages envoyée par mail aux associations et dont la consultation est constatée par huissier. « Nous tenons par la présente à vous signifier que la SASP OM envisage de prononcer à votre encontre la résiliation de la convention pour faute », peut-on lire sur ce courrier.

L’OM reproche à certaines associations de supporters leur participation à la soi-disant manifestation de la Commanderie, sans avoir limité les débordements, ce qui constituerait une faute. Le club leur reproche aussi une atteinte grave à l’image de l’OM. Les groupes peuvent répondre à cette mise en demeure avant le 1er mars 2021, pour y apporter toute observation jugée utile.

L’OM veut changer la définition du supportérisme

« Concrètement, cette initiative, qui sera officiellement lancée au début du mois de mars, prendra la forme de groupes de travail, de plateformes d’échanges d’idées et d’appels à projets pour que direction et supporters s’unissent dans la définition du supportérisme, et pour que vive et demeure l’Institution OM, populaire et diverse. Ce projet permettra à tous les amoureux du foot et de l’OM, familles, enfants, de se réapproprier le terme de supporter pour que celui-ci ne soit plus capté par des bandes violentes. Les supporters sont l’atout le plus précieux du club et le resteront », indique le communiqué. Mais ce n’est pas tout.

« Au moment où ont été entamées différentes procédures judiciaires à l’encontre des éléments violents qui s’en sont pris au centre d’entraînement Robert Louis-Dreyfus le week-end du 1er février, qui ont mis en danger l’ensemble des salariés de l’OM présents sur site, ce projet vise à rendre le supportérisme à tous les amoureux de l’Institution OM et de ses valeurs d’exigence et de respect, de non-violence et de diversité. Nous avons pris la décision de ne plus tolérer aucune violence commise par les supporters ultras. Nous le leur avons signifié par l’envoi d’un courrier de mise en demeure affirmant notre volonté de mettre fin à ces pratiques », indique-t-il également. Reste maintenant à savoir comment les supporters de l’OM vont accueillir ce plan.

Quelles réactions du côté des dirigeants ?

Du côté de l’Olympique de Marseille, on nie avoir jamais eu cette intention. La mise en demeure aurait pour but de demander aux supporters « leurs observations suite aux graves incidents qui se sont déroulés à la Commanderie ». Le club les attend désormais avant d’envisager d’éventuelles mesures à prendre.

Et chez les associations de supporters ?

L’inquiétude est donc grande parmi les associations qui animent les virages depuis plusieurs décennies au Stade Vélodrome. Elles vivent très mal cette mise en demeure et l’interprètent comme le début de la fin des groupes de supporters. Si certains groupes ont reçu cette simple mise en demeure, d’autres, qui n’ont pas été impliqués dans le rassemblement à la Commanderie, se sont vus signifier la mise en stand-by de la convention signée en 2016 avec les associations. Purement et simplement.

« C’est un coup de massue. Toute une vie de passion et de tifos remise en cause pour une manifestation qui a débordé, on le reconnaît », confie, amèrement une association de supporters. « C’est un processus très classique au regard des graves violences et dégradations qui se sont déroulées, comme ferait tout club responsable. Personne ne peut tolérer ces évènements », insiste-t-on à l’OM.

Les politiques s’en mêlent

« L’OM c’est notre ville. C’est notre vie ! Les associations de supporters sont le cœur battant de notre club dans la ville, mais aussi en dehors. Jacques-Henri Eyraud et l’OM, ne vous trompez pas », a publié Martine Vassal, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la métropole d’Aix-Marseille-Provence, sur Twitter. Son avis est partagé par Samia Ghali, maire-adjointe : « Il ne faut pas se tromper de combat ! Ce que les supporters attendent, ce sont des résultats pour l’OM et pas une dissolution déguisée de leurs clubs de supporters ». Benoît Payan, le maire, a indiqué qu’il avait écrit à Jacques-Henri Eyraud : « Les supporters sont l’âme du club. Leur mise en demeure par la direction est incompréhensible, il ne peut pas y avoir des dizaines de milliers de Marseillais qui payent les conséquences de quelques excités, déjà devant la justice ». J’ai écrit à Jacques-Henri Eyraud pour qu’il calme le jeu, a-t-il expliqué. Jeremy Bacchi, Sénateur des Bouches-du-Rhône, compte en faire de même : « Non content d’être responsable de la situation chaotique du club, Eyraud veut vider le stade de ses supporters, pour un stade aseptisé. Mais il ne sait pas que l’on n’éteint pas une passion. L’OM c’est nous! Vivement la vente de l’OM. Je lui adresserai un courrier dès demain ».

Le président du club, Jacques-Henri Eyraud est détesté par l’ensemble des fans olympiens et les récents incidents survenus à la Commanderie démontrent que l’équipe de Frank McCourt n’est plus la bienvenue. La hache de guerre est donc définitivement déterrée entre la direction de l’Olympique de Marseille et ses supporters. Nul doute que ce nouvel épisode va encore faire réagir à Marseille.

« On peut toujours trouver plus cons que les supporters : y’a les sportifs. Parce que les supporters, ils sont assis : les autres, ils courent ! » Coluche (comique)

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