Posted on: 24 février 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

23 068 kilomètres, voici la plus longue distance à pied que l’on peut effectuer sans devoir prendre un bateau. Un trajet qui vous prendra plus de trois ans et qui ne sera pas de tout repos.

La plus longue distance en ligne droite sur la Terre sans toucher l’océan mesure 1 241,1 km et part de Jinjiang, en Chine, pour finir à Sagres, au sud du Portugal. Une distance calculée par ordinateur en suivant la courbure de la Terre. Mais ce trajet en ligne droite est bien évidemment impossible à emprunter en réalité car il traverse des obstacles infranchissables. Le YouTubeur Joseph Pisenti s’est donc demandé quelle distance il était réellement possible de parcourir à pied en suivant des chemins répertoriés par Google Maps et en éliminant tous les solutions nécessitant un ferry pour traverser une rivière (proposées par défaut par Google).

Résultat ? 23 068 km de distance et 123 000 mètres de dénivelé

Le trajet trouvé par le moteur de recherche donne un itinéraire de 23 068 km, en partant de L’Agulhas, le village le plus méridional d’Afrique du Sud, pour arriver à Magadan, à l’extrême Est de la Russie. Une très, très longue distance qui nécessite 4 646 heures de marche (soit 194 jours) d’après Google Maps. De manière plus réaliste, le YouTubeur a estimé le voyage à 1 153 jours en prenant une moyenne de 20 km par jour à raison de 8 heures de marche quotidienne. Soit plus de trois ans sans jour de pause !

Des températures oscillant de +50 °C à -70 °C

S’il vous prend l’envie de relever le défi, sachez que le trajet ne sera pas de tout repos. Outre un dénivelé de 123 000 mètres, soit l’équivalent de 14 ascensions de l’Everest, vous devrez traverser des déserts où les températures dépassent les 50 °C, des forêts infestées de moustiques porteurs de paludisme et des pays en pleine guerre civile, pour finir à moitié congelé dans les steppes de Sibérie où le thermomètre peut descendre sous les -70 °C.

La « route des os »

La dernière partie du trajet, qui relie Yakoutsk à Magadan, est d’ailleurs appelée la « route des os ». Elle doit son nom au fait que l’on raconte que le bitume contient les os mixés des prisonniers du goulag qui l’ont construite sous Staline. Une route complètement délabrée aujourd’hui mais praticable à pied… si vous êtes toujours vivant !

S’il vous prend l’envie de vous attaquer à ce parcours, petit conseil, soyez préparés physiquement et mentalement car, même si ce trajet est géographiquement praticable, il n’est pas à la portée de tous…

Dans la même lignée, voici l’histoire d’un Canadien qui a bouclé le tour du monde à pied en onze ans

Parti pour oublier une dépression, un Canadien quinquagénaire a bouclé un périple totalement inédit.

Il traverse Kingston, au bord du lac Ontario, une des dernières étapes avant Ottawa et Montréal, son point de départ où il doit être accueilli en triomphe.

Il marche vite, essoufflant l’équipe de l’AFP qui le suit pendant 24 heures, mais sait s’arrêter pour grignoter sans se presser, raconter un souvenir ou bavarder avec des inconnus avec qui il établit le contact en un instant.

L’aura qu’il dégage est celle d’une liberté totale : il ne sait pas où il va dormir, ne dépend de personne, n’a que très peu d’argent… Et cela dure depuis onze ans.

A Montréal, il retrouvera sa compagne Luce qui l’a soutenu tout au long de son extraordinaire aventure.

Jean a quitté la cité québécoise le 18 août 2000, le jour de ses 45 ans et après la faillite de sa petite entreprise d’enseignes lumineuses. Grand amateur de jogging, il décide de courir autour du monde pour effacer cet échec.

Luce et ses deux enfants d’une précédente union ne cherchent pas à le retenir. « C’est cool », commente même à l’époque son fils.

Jean Béliveau a couru jusqu’à Atlanta, dans le sud des États-Unis, avant de trouver un rythme plus lent pour ce qui semble être la plus longue marche ininterrompue autour du monde : plus de 75 000 km à travers 64 pays.

Pas assez de relever ce défi incroyable, il a inscrit son projet dans le cadre de la décennie de l’Unesco 2000-2010 pour la non-violence et pour l’avenir des enfants du monde.

En onze ans, il aura traversé déserts et montagnes. Il tombe amoureux au Mexique – pour neuf jours – porte turban et grande barbe au Soudan, mange des insectes en Afrique, du chien en Corée et du serpent en Chine, est escorté (lui, marcheur pour la paix), par des soldats aux Philippines.

Il ne tombe sérieusement malade qu’une fois et se fait soigner avec succès en Algérie. Ne sera attaqué que par deux jeunes voleurs ivres en Afrique du Sud, et arrêté à Addis Abeba sans savoir pourquoi, avant d’être relâché le lendemain.

Le plus grand moment de désespoir survient aussi en Ethiopie, où il se sent rejeté, sans contact avec les gens, y compris les enfants, qu’il rencontre sur son chemin. C’est Luce, de loin, qui le convainc de continuer.

« Après la nourriture et le toit, l’homme a besoin du sentiment d’appartenance », commentera-t-il. En revanche, il est subjugué par la sympathie de l’immense majorité des gens qu’il croise, à commencer par les Américains.

Il a certes dormi sous les ponts, dans des foyers pour sans-abri, voire dans des prisons, mais a souvent été invité à dormir et manger chez des gens séduits par son aventure.

Du coup, parti avec 4 000 dollars et n’ayant jamais eu de sponsors, c’est approximativement la somme qu’il a dépensée chaque année.

A son retour il n’avait pas plus d’argent mais se sentait tout de même enrichi. « Je suis parti vide, mais je suis revenu avec un bagage intellectuel », explique ce « libre penseur ».

Pour terminer cette parenthèse sportive, voici les 12 plus longs treks existant dans le monde

Le Pacific Crest Trail aux États-Unis : le PCT, est l’un des plus longs sentiers des États-Unis et forme la « Triple Crown » avec deux autres treks des États-Unis, l’Appalachian Trail et le Continental Divide Trail. Il longe les côtes de l’océan Pacifique sur 4 240 km, du Mexique au Canada. Au départ de la frontière mexicaine (tout proche de Campo), le Pacific Crest Trail traverse la Sierra Nevada et la Cascade Range, une chaîne de montagnes située entre les Etats de Californie, d’Oregon et de Washington aux États-Unis et la province de Colombie-Britannique au Canada. Le PCT atteint donc des sommets puisque son point le plus haut culmine à 4 009 m d’altitude au niveau du Col Forester, situé en Californie. La durée de ce trek éprouvant varie entre quatre et six mois et se parcourt généralement entre fin avril et fin septembre.

  • Distance : 4 240 km
  • Durée : entre 4 et 6 mois
  • Période idéale : entre fin avril et fin septembre

Le Continental Divide Trail aux États-Unis : Il est composé d’une succession de sentiers pédestres variés à travers les Rocheuses, une grande chaîne de montagnes située à l’Ouest de l’Amérique du Nord. Le Continental Divide Trail traverse plusieurs États américains tels que le Nouveau-Mexique, le Colorado, le Wyoming, l’Idaho et le Montana avant de poursuivre son sillon jusqu’au Parc de Jasper au Canada, une vaste zone sauvage abritant notamment des wapitis, des élans, des mouflons canadiens et des ours. Se parcourant d’avril à octobre, ce trek oscille entre les paysages lunaires et les vallées verdoyantes aux cours d’eau rapides, pour le plus grand bonheur des randonneurs qui aiment les défis.

  • Distance : 4 989 km
  • Durée : environ 6 mois
  • Période idéale : de début avril à fin octobre

Le Grand Sentier au Canada : Le Grand Sentier canadien, aussi appelé Trans Canada Trail, est long de 24 000 km. Il s’agit du circuit de randonnée le plus long du monde. Il relie deux océans, l’océan Pacifique et l’océan Atlantique et deux grandes capitales de provinces, Victoria, sur l’île de Vancouver, et Saint-Jean, au cœur de la province de Terre-Neuve-et-Labrador.

Pour parcourir le trek le plus long du monde et découvrir les paysages grandioses du Canada, vous pourrez envisager d’utiliser le kayak ou le stand-up paddle puisqu’un tiers environ du parcours longe des cours d’eau.

  • Distance : 24 000 km
  • Durée : environ 500 jours (soit près de 1 an et 4 mois)

Appalachian Trail ou le sentier des Appalaches aux États-Unis : du Mont Springer en Géorgie au Mont Katahdin dans le Maine, l’Appalachian Trail traverse quatorze États sur plus de 3 510 km de sentiers entièrement balisés. Le moment idéal pour débuter cette randonnée se situe en mars. Au programme de cette route unique : le Parc National des Great Smoky Mountains dans le Tenessee, la section la plus sauvage et escarpée de l’Appalachian Trail où vous pourrez observer des ours noirs, des wapitis et plus 5 400 espèces différentes de végétaux, les Blue Ridge Mountains, une chaîne de montagnes aux forêts denses située à l’est des États-Unis et le Parc National Shenandoah en Virginie, où vous pourrez croiser, entre autres, des lynx, des ratons laveurs et des oppossums. Vous finirez ce trek aux paysages diversifiés par la traversée du Maine, surnommée « Hundred-Mile Wilderness » par les initiés, du fait de sa difficulté et des paysages sauvages entourant les chemins forestiers empruntés.

  • Distance : 3 510 km
  • Durée : environ 6 mois
  • Période idéale : de début mars à fin août

Te Araroa en Nouvelle-Zélande : Le petit village côtier de Te Araroa a donné son nom à un trail de 3 000 km traversant les deux îles de la Nouvelle-Zélande, du Cap Reinga à l’extrémité nord de la première île, au Cap Bluff, à l’extrémité sud de la seconde. Il faut entre 100 et 160 jours pour réaliser ce long trek qui relie la mer de Tasman à l’ouest et l’océan Pacifique, à l’est. Il offre des environnements très diversifiés à ces randonneurs puisque les forêts et les jungles se succèdent sur l’île du Nord. Quant à l’île du sud, elle comporte les plus hauts sommets de régions parfois reculées, tels que les Monts Richmond. Les paysages d’alpages et les jungles laissent donc leur place aux impressionnants glaciers et aux crêtes rocheuses au fil du trek. Le Te Araroa Trail, qui ne croise aucune route ou civilisation sur plus de 140 km, a été choisi, pour ses décors lunaires sublimes, par l’industrie cinématographique.

  • Distance : 3 000 km
  • Durée : entre 100 et 160 jours (soit environ 3 à 5 mois)
  • Période idéale : entre octobre et février 

Great Himalaya Trail au Népal : Le Great Himalaya Trail est un réseau de sentiers pédestres reliant les itinéraires de treks majeurs dans la chaîne himalayenne népalaise. L’itinéraire de ce trek d’altitude longe la frontière nord du Népal, partagée avec le Tibet. Avec une distance de 1 700 km et une altitude élevée, le Great Himalaya Trail est souvent perçu comme un trek ultime, initiatique, où la randonnée se confronte parfois au mal des montagnes. Il alterne les routes hautes, perchées entre 3 000 et 6 000 m d’altitude, et les sentiers bas permettant un contact direct avec l’authenticité des villages agricoles. Le climat de très haute-montagne est rigoureux et très éprouvant, il fait donc du Great Himalaya Trail l’un des treks les plus techniques et les plus périlleux du monde.

  • Distance : 1 700 km
  • Durée : environ 3 mois
  • Période idéale : entre mi-août et fin novembre

Via Dinarica en Slovénie et Albanie : dans le prolongement des Alpes occidentales, la chaîne dinarique suit les contours de la mer Adriatique jusqu’au nord de l’Albanie et traverse 7 pays, dont la Slovénie. Long de 1 260 km, ce circuit de randonnée se réalise en deux ou trois mois et offre la possibilité de voir des ours, des chevreuils, des renards et de nombreuses autres espèces animales et végétales.

  • Distance : 1 260 km
  • Durée : 2 à 3 mois
  • Période idéale : entre mars et mai ou entre fin août et novembre

Via Alpina dans les Alpes : initiée par la Grande Traversée des Alpes en 1999, la Via Alpina est devenue un réseau de randonnée pédestre alpin proposant cinq itinéraires internationaux. Elle offre en tout 342 étapes pour 5 000 km de trek. Reliant Trieste à Monaco, elle couvre huit pays : la Slovénie, l’Italie, l’Autriche, l’Allemagne, le Liechtenstein, la Suisse, la France et la Principauté de Monaco.

  • Distance : 5 000 km
  • Durée : 4 à 5 mois environ
  • Période idéale : entre juin et octobre

Kungsleden en Suède : ce trek entièrement balisé de plus de 425 km s’étend du Parc National d’Abisko, reconnu pour sa faune nordique ainsi que ses lacs aux eaux transparentes, à Hemavan, commune depuis laquelle vous pourrez voir les majestueuses montagnes des Alpes scandinaves. La Voie Royale traverse les étendues sauvages en Laponie suédoise, inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Cet itinéraire est praticable de début juin à septembre.

  • Distance : 425 km
  • Durée : 40 jours environ
  • Période idéale : entre juin et septembre 

Hokkaido Nature Trail au Japon : d’abord écarté dans les années 70 des sentiers naturels par le gouvernement japonais, les plans de l’Hokkaido Nature Trail furent finalement approuvés en 2003. Résultat : pas moins de 4 585 km pour ce circuit représentant sept mois d’aventure, traversant de long en large la célèbre île du nord du Japon jusqu’à arriver à Sapporo, la troisième plus grande ville du Japon et la capitale régionale de l’île de Hokkaido. L’été reste la saison idéale pour réaliser ce trek puisque les températures sont douces dans cette région. Les neiges de la saison hivernale rendent cependant le spectacle encore plus inoubliable !

  • Distance : 4 585 km
  • Durée : 7 mois environ
  • Période idéale : entre juin et décembre

Oregon Trail ou la piste de l’Oregon aux États-Unis : 3 500 km vous attendent sur une piste empruntée les pionniers au 19ème siècle pour se rendre des villes du Missouri jusqu’à l’Oregon. C’est un trek historique qui vous emmène à la rencontre de prairies, canyons, déserts et cascades de cette région des États-Unis, autant de paysages uniques dont vous vous souviendrez longtemps. La meilleure période est avril car l’herbe est haute et les conditions météorologiques sont optimales.

  • Distance : 3 500 km
  • Durée : 6 mois environ
  • Période idéale : entre avril et septembre

Grand Italian Trail ou Sentiero Italia en Italie : il offre un itinéraire de randonnée long de 6 166 km et fractionné en 368 étapes. Il commence au pied des Alpes dinariques à Trieste et se termine à la pointe nord de la Sardaigne, à Santa Teresa Gallura. Le printemps et l’automne sont les saisons idéales pour parcourir les segments de votre choix. Si vous choisissez de tous les pratiquer et de réaliser il Sentiero Italia intégralement, il vous faudra marcher pendant 8 à 9 mois.

  • Distance : 6 166 km
  • Durée : 8 à 9 mois
  • Période idéale : entre mars et octobre


« Si tu n’arrives pas à penser, marche ; si tu penses trop, marche ; si tu penses mal, marche encore » Jean Giono (écrivain et scénariste français)

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