Posted on: 16 mars 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Des rapports récents indiquent que l’armée américaine est en train de construire le laser le plus puissant du monde. Le THOR (Tactical High Power Operational Responder) a été conçu et développé sur la base aérienne de Kirtland, dans l’État du Nouveau-Mexique. Il aura la capacité d’assurer une protection simultanée contre plusieurs cibles.

Le laser aurait une puissance un million de fois supérieure à celle de tout autre laser existant dans le monde. Il peut pulvériser des drones, intercepter des missiles ou perturber des systèmes électroniques.

Alors que le premier prototype et les essais sur le terrain sont prévus pour 2024, le laser devrait être déployé pour protéger les bases militaires dès 2026, selon les rapports.

« Les installations énergétiques de l’armée de terre devront disposer d’une défense multidimensionnelle avec différents moyens de contrer les menaces », a déclaré le lieutenant général Neil Thurgood dans un communiqué.

« Les lasers à haute énergie éliminent une seule cible à la fois, alors que les lasers électromagnétiques à haute puissance peuvent intercepter des groupes ou des nuées de cibles, c’est pourquoi nous nous orientons vers une combinaison de ces deux technologies », a-t-il ajouté.

Une portée quasi illimitée, une rapidité d’action inégalée, un nombre sans borne de coups et des coûts d’exploitation réduits : les armes à laser haute énergie (HEL) sont le nouveau joujou des armées du monde entier, qui y voient l’outil idéal pour frapper des cibles distantes ou encore perturber des satellites.

Pour info, l’US Navy avait déjà testé un canon laser dans le golfe Persique en 2014 avec destruction de cibles mobiles, dont un drone.

La Chine s’était elle aussi engagée dès les années 1960 dans la mise au point d’armes laser à « vocation stratégique comme tactique », comme le rappelle une note de la Fondation pour la recherche stratégique [FRS].

Le projet vise des impulsions de 30 femtosecondes (3×10-14 secondes) d’une puissance de 5 terawatts, contre 150 kilowatts pour les lasers CW. Avec ce système, les impulsions lumineuses transforment l’air en lentille, recentrant continuellement le faisceau laser.

Bien que la quantité d’énergie soit faible par rapport à un laser à faisceau continu, la délivrer rapidement sur une zone suffisamment petite pourrait produire des effets dévastateurs, rapporte le site du New Scientist.

Ce type de laser femtoseconde est déjà utilisé dans le domaine médical, par exemple pour des opérations de la myopie, ou encore dans l’industrie pour percer des trous dans des pièces métalliques.

Son utilisation militaire produirait des effets « impressionnants », explique le New Scientist. « L’élévation rapide de la température due à l’impulsion ultracourte vaporiserait la surface d’une cible plutôt que de la faire fondre […] L’expansion rapide du gaz qui en résulterait produirait également une puissante onde de souffle », décrit le site. Et tout ça pour 1 dollar le tir !

Ce type de laser génère également une interférence électronique localisée qui aveuglerait n’importe quel missile ou drone.

D’autres pistes sont sur la table pour renforcer la puissance des lasers. En France, l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (Onera) développe par exemple un système de multiplexage de faisceaux lasers, ce qui permet de combiner leur puissance.

Le laser à électrons libres permet lui « d’accorder » la bande de fréquence du laser, ce qui lui donnerait le pouvoir de contourner le phénomène de diffraction atmosphérique.

Reste à miniaturiser suffisamment des appareils et à éviter leur échauffement, deux problèmes auxquels sont confrontés tous les canons lasers.

Selon les termes du contrat, GA-EMS fournira la technologie laser à gain distribué évolutif ainsi que ses systèmes de batterie HELLi-ion et sa gestion thermique intégrée. Boeing s’occupera d’intégrer son logiciel d’acquisition et d’installer le système de suivi et de pointage de précision (ATP).

Une des problématiques rencontrées par les industriels de l’armement travaillant sur les armes laser est la surchauffe du dispositif au moment du tir. La puissance délivrée par le faisceau est susceptible d’endommager le générateur laser. Les recherches ont donc porté ces dernières années sur le développement d’un système de refroidissement efficace.

Selon les deux industriels, la nouvelle arme pourra être installée sur des plateformes terrestres, maritimes et aériennes. L’un des objectifs sera de miniaturiser les systèmes et les rendre plus légers, tout en garantissant une puissance et une portée élevées. Selon le patron de GA-EMS, le groupe « a fait des progrès significatifs dans le développement et la démonstration de technologies laser hautement évolutives pour faciliter une puissance de sortie élevée dans des boîtiers plus petits et plus légers ».

Depuis 2017, General Atomics travaille notamment sur le programme SHiELD (Self-defense High Energy Laser Demonstration), une arme laser à haute intensité pouvant être embarquée dans un avion de combat. Le cahier des charges stipulait que le système devrait peser moins de 5 kg par kW et avoir un volume de 3 mètres cubes. Les premiers essais étaient prévus en 2020.

En France, des recherches sur les armes lasers sont notamment menées par l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (Onera) en partenariat avec la Direction générale de l’armement (DGA). L’un des projets repose sur le développement d’un système antisatellite, capable de perturber le fonctionnement des appareils situés entre 400 et 700 km d’altitude.

Les satellites jouent un rôle clé dans la communication, ils sont ainsi devenus des armes potentielles. Consciente de son retard par rapport aux autres puissances comme  la Chine, la Russie ou les États-Unis, la France investira 4,3 milliards d’euros pour renforcer sa défense spatiale. Le laser de puissance sera au centre de son système.

Selon les informations disponibles, 2000 satellites sont maintenant en orbite autour de la Terre. Ce nombre quadruplera d’ici quelques années. Dans ce contexte, l’Hexagone espère améliorer sa défense rapidement.  Le laser de puissance sera fonctionnel avant 2025.

Ne reste qu’à espérer que ces pays maintiendront leur objectif de n’utiliser cette arme, digne des blockbusters de science-fiction, que dans un but défensif. En effet, l’équilibre des relations internationales est fragile, de nombreux pays subissent des guerres sans fin et les relations commerciales ont été bousculées par la crise sanitaire.

« En politique internationale, les coups d’épingle répétés finissent par engendrer des coups de canon » Gustave Le Bon (médecin, anthropologue, psychologue social et sociologue français)

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