Posted on: 21 mars 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

À Marseille, ils sont des milliers à avoir défilé ce dimanche au carnaval des quartiers entre La Plaine et la Canebière. Evénement non déclaré précise la préfecture de police des Bouches-du-Rhône qui dénonce « l’irresponsabilité des participants en pleine épidémie de Covid-19 ».

Annulée en 2020, la 21ème édition de ce carnaval militant qui combat notamment la gentrification s’est déroulée ce dimanche 21 mars 2021, à Marseille (Bouches-du-Rhône). Plusieurs milliers de personnes déguisées sont réunies pour l’occasion, en pleine crise sanitaire.

Des milliers de personnes déguisées ont défilé dans les rues en attendant de brûler un Caramentran à l’effigie du chantier de rénovation de la place Jean-Jaurès.

Des verbalisations ont eu lieu pour non-port du masque. Selon les informations de France Bleu Provence, les forces de l’ordre mobilisées se tiennent à distance, aucune évacuation n’est prévue pour le moment dans les quartiers de La Plaine, Noailles et des Réformés.

Un comportement « irresponsable » selon les autorités

Le carnaval de La Plaine a lieu actuellement à Marseille sans avoir été déclaré, comme chaque année. Aujourd’hui, et en raison de la situation sanitaire, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône réagit via Twitter. 

Dans un tweet, la préfecture des Bouches-du-Rhône précise que l’événement n’est pas déclaré et que les gestes barrière sont loin d’être respectés. Sur les photos diffusées sur les réseaux sociaux, on ne voit pas beaucoup de masques portés au visage et les distances physiques pas franchement maintenues.

« Ni déclaration en préfecture, ni masques, ni distanciation physique. Irresponsabilité totale des participants au carnaval de La Plaine à Marseille en pleine crise sanitaire », a souligné la préfète de police des Bouches-du-Rhône, Frédérique Camilleri.

Deux jours après l’annonce d’un 3ème confinement pour 16 départements

Le rassemblement des milliers de personnes pour le carnaval de La Plaine choquent plusieurs internautes. En effet, l’évènement a lieu alors que le Premier ministre Jean Castex vient tout juste d’annoncer un troisième confinement pour l’Île-de-France, les Hauts-de-France ainsi que les Alpes-Maritimes.

Des élus de droite ont également dénoncé un rassemblement non autorisé et « pas responsable » à l’image de la conseillère municipale LR, Camélia Makhloufi.

« Notre département échappe au confinement et pourtant à Marseille, on danse à La Plaine pour le carnaval sans masque ni distanciation. Et la covid dans tout ça ? Quelle conduite irresponsable ! Une pensée à nos soignants qui se battent chaque jour dans nos hôpitaux ».

Contrairement à Nice, sur la Côte d’Azur, Marseille n’est pas concernée par les nouvelles restrictions entrées en vigueur samedi pour au moins quatre semaines dans 16 départements (les huit d’Ile-de-France, les cinq des Hauts-de-France, la Seine-Maritime, l’Eure et les Alpes-Maritimes).

Malgré tout, les restrictions habituelles pour lutter contre la propagation du Covid-19 s’y appliquent, dont la limitation des rassemblements et le port du masque.

Un besoin vital de recommencer à vivre pour les carnavaliers

Des milliers de personnes déguisées, la plupart jeunes et sans masque, défilaient en musique et en dansant dans l’après-midi à deux pas de La Canebière. « 

C’est incroyable! On m’avait dit il y a un truc à ne pas louper à Marseille c’est le carnaval de la Plaine », sourit Romain, 26 ans, déguisé en boulanger avec un maillot de Zidane sous son tablier et qui préfère taire son nom de famille.

« Les jeunes en ont marre d’être confinés. Il n’y a pas de personnes âgées fragiles, là que des jeunes », ajoute-t-il.

Un carnaval organisé et prévu

Depuis plusieurs jours, sur les réseaux sociaux, comme sur les sites indépendants, l’organisation et la tenue du carnaval, malgré l’interdiction des rassemblements, était clairement affichée.

Publié le 16 mars 2021, voici le texte de présentation de cet événement :   

« Il est de retour ! Rendez-vous dimanche 21 mars à midi sur La Plaine. Procès à 13h30, et départ 14h !

Oyez, oyez ! Carnavaliers et carnavalières !

Par où êtes-vous passés l’année dernière ?

On m’a interdit, reporté, monté puis démonté, oublié..?!

Mais vous, êtes-vous encore là ?!

Moi j’ai attendu, coincé et immobile, le réveil d’un nouveau désordre. En vain ! M’avez-vous escamoté ?

Avec ce Carnaval négligé, un hiver permanent s’est installé sur la ville, les corps et les esprits.

De quel bois vous chauffez-vous donc depuis ? N’avez-vous plus de Caramantran à condamner et brûler ? Le seul feu que je connaisse ne se couvre pas, il s’alimente et brûle jusqu’à la dernière braise, jusqu’à épuisement de toutes nos énergies tourbillonnantes.

Alors oui notre ville de Marseille est encore meurtrie et ses rues y sont minées. Mais il s’agit désormais de déjouer les pièges tendus et ceux qui nous attendent, de ruser, de reprendre la rue et de danser autour de la chaîne de volcans que forment La Plaine, Noailles et Reformés.

Et puis, vous connaissez le parcours, vous l’avez déjà maintes fois arpenté. Vous savez donc que nous marcherons plus d’une heure et au-delà d’un kilomètre, assurément. Et oui nous serons masqués, non pas de ces masques qui effacent le visage mais bel et bien de ceux aux mille et une facettes et couleurs qui vous portent au rythme des tambourins. Oh ça y est je trépigne déjà à l’idée de vous voir vils et vilaines à souhait.

Ces grands guignols qui prétendent nous gouverner et qui peut-être essayeront de m’interdire encore, oublient vite que le printemps ne se réduit pas à une journée, aussi belle soit-elle. Et je pourrai resurgir à ma guise. D’ailleurs ne sens-tu pas mon souffle chaud te titiller la plante des pieds ? N’entends-tu pas ma voix dans ces ritournelles qui viennent de loin ? C’est que je suis déjà là en fait. Et j’en appelle maintenant à nos infinis imaginaires pour venir repeupler ce qui nous est dû !

Carnavas es arribat ! »

Peu de doute quant au fait que la Marie de Marseille était informée de la tenue de ce carnaval. Marseille, la mauvaise élève, montre, une fois de plus que les règles ne s’appliquent pas toujours dans la cité phocéenne. A l’image de l’absence de contrôles de police, des soirées clandestines et du laxisme sur les horaires pendant les confinements et couvre-feu mis en place dans l’hexagone.

« Marseille, qu’on y soit né ou qu’on y débarque un jour, dans cette ville, on a vite des semelles de plomb. Les voyages, on les préfère dans le regard de l’autre » Jean-Claude Izzo (journaliste, écrivain et poète marseillais)

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