Posted on: 8 avril 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Raymond Bartolini, l’un des 11 prévenus qui comparaissaient depuis un mois devant le tribunal correctionnel de Marseille dans l’affaire Guérini, est décédé la nuit dernière d’un infarctus, selon son avocat.

Qu’est-ce que l’affaire Guérini ?

L’affaire Guérini est une affaire politico-financière française qui touche à l’exploitation frauduleuse de décharges et à l’obtention de marchés auprès de collectivités par des sociétés soupçonnées de blanchiment d’argent et de liens avec le grand banditisme.

Elle implique plusieurs hommes d’affaires, parmi lesquels, Michel Ducros, PDG de Fauchon et de Monaco Marine et notamment Alexandre Guérini, ainsi que son frère, Jean-Noël Guérini, homme politique marseillais. Ce dernier, sénateur et président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, est soupçonné d’avoir favorisé les activités de son frère, qui possède des sociétés de gestion des déchets en contrat avec des collectivités territoriales, dans l’attribution de marchés publics.

En 2020, après plus de dix ans d’enquête, Jean-Noël Guérini et onze autres personnes sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. Le procès se déroule en mars et avril 2021.

Des peines lourdes requises par le parquet

Le 15 mars 2021, devant le tribunal correctionnel de Marseille, s’ouvre le procès d’Alexandre et Jean-Noël Guérini ainsi que de neuf autres prévenus (élus, fonctionnaires territoriaux, dirigeants de sociétés) et de la société SMA Environnement d’Alexandre Guérini.

En mars 2021, le procureur requiert contre Jean-Noël Guérini une peine de quatre ans de prison dont deux avec sursis, une interdiction des droits civils et civiques pendant cinq ans, ainsi qu’une amende de 70 000 euros, pour « prise illégale d’intérêts ».

Une peine de huit ans ferme avec mandat de dépôt et 500 000 euros sont réclamés contre Alexandre Guérini, qui est accusé d’avoir orchestré le trucage de marchés publics. Le procureur a également requis à l’encontre de la société d’Alexandre Guérini, SMA Environnement, une amende d’1,5 million d’euros, l’interdiction définitive de participer à un marché public et d’exercer dans le domaine des déchets.

Des peines allant d’un an avec sursis à deux ans de prison dont un ferme et des amendes de 15 000 à 100 000 euros sont requises contre les neuf autres prévenus – élus, fonctionnaires territoriaux, dirigeants de sociétés- soupçonnés d’avoir participé au « système Guérini ».

Plus de 14,6 millions d’euros réclamés par les parties civiles

Les treize parties civiles du procès des frères Guérini ont réclamé mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille plus de 14,6 millions d’euros de dommages et intérêts ou de préjudice moral aux onze prévenus jugés notamment pour leur participation au trucage de marchés publics.

« Pour nous, c’est une question de principe. Il faut restaurer l’image de marque de la démocratie dans notre région, dire aux citoyens que la corruption n’est pas une fatalité, que de tels faits doivent être sanctionnés », a expliqué à la barre l’ancien juge financier Jean-Pierre Zanoto, administrateur de l’association « Transparency International », partie civile au procès.

Le Conseil général des Bouches-du-Rhône, quant à lui, a réclamé 30 000 euros de dommages et intérêts à Jean-Noël Guérini, à son frère Alexandre et à la société de ce dernier la SMAE. Il demande en outre 5 000 euros à l’ancien chef de cabinet du président du Conseil général, Remy Bargès, accusé de destruction de preuves.

La métropole Aix-Marseille-Provence, représentant trois parties civiles, a demandé 9,2 millions d’euros à Alexandre Guérini, à la SMAE, à Philippe Rapezzi, dirigeant de droit de cette société, ainsi qu’à Alain Belviso, l’ancien président de l’agglomération du pays d’Aubagne, qui aurait à s’acquitter à lui seul, de 5 % de cette somme (soit 460 000 euros).

Quatre membres de la famille de l’ancien propriétaire du terrain Semaire ont réclamé 270 000 euros pour compenser la perte d’un loyer après la préemption de leur terrain et 40 000 euros de préjudice moral, pour les pressions subies pour les obliger à vendre, à Jean-Noël et Alexandre Guérini et à la SMAE.

Une autre société, Somedis, vendue à une filiale de Véolia dans des conditions litigieuses avec l’intervention d’Alexandre Guérini, a réclamé 119 000 euros, Transparency 60 000 euros, Anticor 120 000 euros et deux sociétés lésées par des appels d’offres truqués, ISF environnement et Coved, 5 millions d’euros.

Mort de Raymond Bartolini, l’un des onze prévenus

Agé de 74 ans, ex-directeur des services techniques de la commune de Berre-l’Etang et détaché au sein de l’Agglopole Provence, il était jugé pour des faits présumés de favoritisme liés à la délégation de service public de la décharge de la Vautubière, à la Fare-les-Oliviers.

« C’est bien triste. C’était un brave homme », a confié Maître Guy Alias, son avocat, à La Provence. Le parquet avait requis contre lui une peine d’un an de prison, une amende de 15 000 euros, ainsi que la privation de ses droits civils et civiques pendant 5 ans.

Il avait fait un malaise mardi après-midi avant d’être hospitalisé dans la soirée de mardi. Il était très éprouvé par le procès.

Le tribunal correctionnel de Marseille a mis, ce mercredi, son jugement en délibéré au 28 mai prochain.

« Les Guérini, c’est un nom qui chante pour dénoncer un système mafieux » (Maître Seatelli, avocat d’Alexandre Guérini)

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