Posted on: 28 avril 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

À seulement 10 ans, la Britannique Skye Neville se bat contre les jouets en plastique dans les magazines. En quelques semaines, elle a récolté des dizaines de milliers de signatures, obtenu le dépôt d’une motion à la chambre des Communes et même le retrait des magazines pour enfants contenant des cadeaux en plastique dans l’une des plus grosses chaines de supermarchés d’Angleterre.

Elle s’appelle Skye Neville, elle n’a que 10 ans mais possède une conscience écologique déjà bien rodée. Elle est née en 2011 dans un petit village du Pays de Galles appelé Fairbourne et situé au bord de la mer. Depuis toute petite, elle ramasse les déchets qu’elle trouve au gré de ses ballades sur la plage. Au début, c’était un jeu, et puis, les années passant, c’est devenu une mission, motivée par une incompréhension : le fait que malgré ses petites collectes, il y a toujours des déchets.

À l’école, elle apprend le recyclage. À la télé, à la radio, partout, on lui parle d’environnement, de réchauffement, de pollution. Thème qui figure d’ailleurs dans les magazines pour enfant auxquels elle est abonnée : The Week JuniorEco Kids Planet ou encore Horrible Histories, son préféré, sauf… pour les jouets en plastique qui sont emballés avec !

« Ces cadeaux sont complétement inutiles, explique-t-elle au Guardian. Par exemple, j’ai eu une langue en caoutchouc, quel intérêt ? Ou encore un stylo en forme de squelette avec lequel on ne pouvait même pas écrire ».

Des milliards de tonnes de déchets plastiques

De déchets en déchets, l’humanité a produit 8,3 milliards de tonnes d’ordures plastiques depuis 1950, d’après une étude publiée dans Science Advance. Alors, plutôt que de boycotter ses magazines préférés, elle a choisi de les interpeller, directement, avec une première lettre. Réponse de l’éditeur : « Nous travaillons déjà à la durabilité de nos jouets qui sont d’ailleurs utilisables plus d’une fois ».

Déçue, Skye a décidé d’aller plus loin et de lancer une pétition en ligne : pour l’interdiction des jouets en plastique dans les magazines. Succès immédiat, des dizaines de milliers de signatures, des reportages dans les journaux locaux, puis un portrait sur la BBC et des associations la soutiennent. Une députée dépose même une motion à la Chambre des Communes.

Ces derniers jours, l’une des plus grandes chaînes de supermarchés du Royaume-Uni, Waitrose, a annoncé qu’elle renonçait à mettre en rayon les magazines accompagnés de cadeaux en plastique.  « C’est bien », juge Skye, « mais c’est quand même une honte qu’on soit obligé de dire aux éditeurs ce qu’ils doivent faire pour préserver l’environnement. Ce serait bien qu’ils prennent ça au sérieux sans qu’une enfant de 10 ans comme moi les interpelle ».

De quoi faire siffler les oreilles des acteurs économiques. Pour le reste, alors que nous célébrons aujourd’hui la 51ème  journée de la Terre, l’histoire de Skye Neville démontre qu’il n’est jamais trop tôt pour s’intéresser à ce que nous faisons de notre maison, la Terre, ainsi que pour agir afin de la protéger.

Greta Thunberg avait montré la voix

Depuis son discours à la COP24, en décembre 2018, cette Suédoise est sous le feu des projecteurs, devenant à 16 ans, l’icône de la lutte contre le réchauffement climatique.

L’adolescente, née en janvier 2003, a pourtant été classée parmi les 25 adolescents les plus influents du monde, selon le magazine américain Time (en anglais). Cette Suédoise a acquis sa notoriété dans son pays en commençant par une grève de l’école « pour le climat ». Elle a depuis été rejointe dans son combat par plusieurs milliers de personnes à travers le monde.

Tout a commencé en août 2018, lorsque Greta Thunberg décide de sécher les cours un jour par semaine pour aller s’installer devant le Riksdag, le Parlement suédois. Après plusieurs semaines à manifester seule, plusieurs autres jeunes suédois la rejoignent.

Son objectif ? Alerter la population sur l’urgence climatique. Greta Thunberg pointe alors du doigt le manque d’action des pays développés, comme le sien, la Suède, qui, comme le rappelle RFI, s’est engagée à « être neutre en carbone en 2045 ». Mais pour l’adolescente, la « date butoir est trop lointaine ». « Comment pouvons-nous attendre de pays comme l’Inde ou le Nigéria qu’ils se préoccupent de la crise climatique si nous, qui avons déjà tout, ne nous en préoccupons pas, même une seconde, de nos engagements vis-à-vis de l’Accord de Paris ? », dénonce-t-elle lors d’une conférence TED, donnée le 24 novembre 2018, à Stockholm.

Un discours qu’elle martèle à plusieurs reprises, jusqu’à son invitation à la COP24 à Katowice (Pologne), où elle se lance dans une intervention remarquée et n’y va pas par quatre chemins. Devant les responsables politiques et économiques du monde entier, Greta pilonne : « Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses comme elles sont. (…) Vous dites que vous aimez vos enfants par-dessus tout et pourtant vous volez leur futur devant leurs yeux ».

La machine est en marche. D’après un calcul du Guardian (en anglais), plus de 70 000 élèves dans 270 villes du monde lui ont emboîté le pas, à l’époque, avec les « Fridays for Future ».

Pourtant, la Suédoise aux longues tresses brunes n’était pas prédestinée à devenir la porte-parole d’une génération préoccupée par l’avenir de la planète. « Je ne parle que quand c’est nécessaire », explique-t-elle dans un sourire durant sa conférence TED. Ce que confirme son père Svante, acteur de métier, dans Society. Il décrit sa fille comme « très timide » et « très silencieuse ». Un trait de personnalité qui s’explique par une particularité : Greta Thunberg a été diagnostiquée autiste Asperger à l’âge de 11 ans.

Préoccupée par la question du réchauffement climatique, elle avait fait auparavant une dépression de huit mois. « En deux mois, j’ai perdu environ 10 kilos », raconte-t-elle. C’est en regardant des documentaires sur la fonte des glaciers, le sort des ours polaires et des animaux marins, qu’elle prend conscience, à l’âge de 8 ans, de l’urgence climatique. « Mais contrairement aux autres enfants, elle ne les a pas oubliés », raconte le New York Times (en anglais). Ces images d’ours polaires affamés ou d’océans remplis de plastiques sont « restées bloquées dans [sa] tête ».

Une prise de conscience qui l’a amenée à convaincre ses parents et sa petite sœur de changer leurs habitudes de vie. Sa mère, Malena Ernman, chanteuse d’opéra mondialement connue, a renoncé à ses vols en avion pour sa carrière internationale et son père Svante a investi dans une Tesla, une voiture électrique. De plus, toute la famille a revu à la baisse sa consommation de viande. Greta, elle, est devenue vegan.

Par ailleurs, elle a offert 100 000 dollars pour lutter contre la pandémie. Cette somme doit permettre d’aider l’agence Human Act dans les domaines « alimentaire, sanitaire, de la lutte contre la violence et le recul de l’éducation » des enfants.

« Comme la crise du climat, la pandémie de coronavirus est une crise pour les droits des enfants», estime Greta Thunberg. « Elle affectera tous les enfants, maintenant et sur le long terme, et les groupes vulnérables seront les plus touchés ». « J’appelle tout le monde à réagir et à me rejoindre dans le soutien au travail vital de l’Unicef pour sauver des vies d’enfants, pour protéger leur santé et poursuivre leur éducation », a-t-elle ajouté.

De nombreux jeunes se battent pour que la Terre ait un avenir

Greta et Skye ne sont pas les seules à militer pour la justice écologique. Aux quatre coins du monde, d’autres voix se lèvent pour dire aux adultes que le monde dans lequel ils s’apprêtent à mourir n’est pas celui où les jeunes générations souhaitent vivre. Parmi elles, en voilà cinq… et ce sont toutes des filles !

La canadienne Autumn Peltier est internationalement reconnue comme une militante pour le droit à l’eau. Membre de la Première Nation de Wikwemikong, elle s’est engagée dans le combat écologiste à seulement huit ans. L’adolescente a été inspirée par sa grand-tante Josephine Mandamin, qui s’est battue corps et âme pour la protection des Grands Lacs jusqu’à sa mort. Autumn a pris sa relève, en tant que commissaire à l’eau, et représente désormais 40 Premières Nations au Canada. « Personne ne devrait avoir à se soucier d’avoir une eau propre, ou d’avoir de l’eau, tout simplement, » déplorait-elle durant son discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2018. « Aucun enfant ne devrait grandir sans savoir ce qu’est l’eau potable ou l’eau courante ».

Mari Copeny, est plus connue sous son surnom, Little Miss Flint, qui fait référence à son engagement très fort dans la crise de l’eau que traverse sa ville, Flint, dans le Michigan. À huit ans, elle écrivait déjà à Barack Obama pour lui demander de la rencontrer, elle et d’autres membres de sa communauté, touchés par cette crise de l’eau contaminée. Le résultat de cette rencontre ? Une aide de 100 millions de dollars pour réparer le système hydraulique. À 12 ans, Little Miss Flint continuait de se battre pour sa communauté et pour l’environnement. Depuis 2016, elle travaille avec l’organisme à but non lucratif Pack Your Back, pour venir en aide à plus de 25 000 enfants en leur procurant des fournitures scolaires ou en leur donnant accès à l’eau potable.

Xiye Bastida est une activiste écolo de 17 ans basée à New York. Élevée au Mexique, Xiye a vécu de très près les effets du changement climatique : sa ville de naissance a été touchée par des sécheresses et des inondations extrêmes. Après son déménagement à New York et à la suite des dégâts causés par l’ouragan Sandy, elle a su qu’elle devait faire quelque chose. En faisant parler ses racines indigènes, Xiye espère engager d’autres citoyens dans le combat pour la planète. Xiye fait partie des leaders du mouvement Fridays for Future, elle a travaillé aux côtés de Greta Thunberg pour mobiliser ses pairs. Elle prend régulièrement la parole au sein d’institutions et durant des manifestations pour pousser sa génération et au-delà, à changer le monde avant qu’il ne soit trop tard.

En août dernier, pour ses 15 ans, Leah Namugerwa n’a pas fait de goûter d’anniversaire. Elle a plutôt décidé d’aller planter 200 arbres pour alerter son pays – l’Ouganda – et le monde sur les dangers du réchauffement climatique. Elle fait partie, comme beaucoup d’autres, du mouvement Fridays for The Future. La voix de Leah est forte et primordiale en ce qu’elle vient du Sud, d’Afrique, où les enjeux de justice écologique sont éminemment plus complexes qu’en Occident. Elle a organisé, seule, sa première manifestation pour le climat, après, notamment, avoir été témoin de la décimation des forêts de Mukono, région dont elle est originaire. Elle est également à l’origine d’une campagne incitant la ville de Kampala à interdire les sacs plastiques et alertant sur les risques de la déforestation, des longues sécheresses et des inondations liées au changement climatique.

Ralyn Satidtanasarn, dite Lilly a beau avoir été inspirée par le combat de Greta Thunberg, elle n’a pas défilé à New York à ses côtés le 20 septembre 2019, préférant défendre un ancrage local de la lutte contre le réchauffement climatique. C’est donc à Bangkok que Lilly a manifesté pour œuvrer à la prise de conscience de l’urgence climatique : « Ma place est ici. La lutte doit aussi se faire en Asie du Sud-Est », a affirmé à l’AFP cette américano-thaïlandaise qui doit son déclic à un voyage lors duquel elle a découvert l’existence de plages thaïlandaises recouvertes de plastique. « Au début, j’ai cru à une lubie d’enfant. Mais elle s’est accrochée », raconte sa mère, elle-même ex-militante écologiste. « Sa force est d’être une petite fille sans intérêt privé à défendre ». L’enjeu du plastique est colossal en Thaïlande, classée par Green Peace comme le 6ème plus gros contributeur à la pollution des océans. Pourtant faire de l’écologie une priorité reste un défi dans un pays où la plupart des habitants se battent pour survivre. En 2018, une étude du Global Wealth Report faisait de la Thaïlande le pays le plus inégalitaire du monde, rappelant que les 1 % les plus fortunés détiennent 66,9 % de la richesse totale du pays.

Une génération qui a pris conscience de la gravité de la situation

En mars dernier, de nombreux jeunes ont participé aux marches pour le climat organisées dans toute la France. 

La tranche d’âge 18-30 ans est 5 à 10% de fois plus consciente des enjeux écologiques que la moyenne des Français. Pourquoi ?

Tout d’abord, les jeunes sont confrontés aux changements climatiques depuis leur naissance. Fonte de la banquise, déforestation de l’Amazonie, Fukushima, les exemples de catastrophes écologiques ne manquent malheureusement pas !

Dans le même temps, ces sujets commençaient à être abordés sur la scène internationale, avec le sommet de la Terre à Rio en 1992 par exemple.

De plus, il faut souligner l’impact qu’a eu l’intégration des notions de développement durable dans les programmes scolaires. Le site du ministère de l’Education nationale promeut pour « Une école engagée pour le développement durable et la transition écologique ». Les jeunes, habitués à réfléchir sous ce prisme,  s’attendent donc à retrouver les fameux piliers du concept (social-économie-environnement) dans la vie « réelle » du monde du travail.

Les nouvelles générations ont donc choisi leur camp, celui de la planète et du respect de notre environnement ! Un espoir pour le futur…

« Le réchauffement climatique n’est pas seulement le principal défi environnemental auquel nous sommes confrontés aujourd’hui mais l’un des problèmes les plus importants auxquels toute l’humanité est confrontée… Nous devons tous faire notre part pour sensibiliser le public au réchauffement climatique et aux problèmes auxquels nous sommes confrontés en tant que peuple, promouvoir un avenir environnemental durable pour notre planète » Leonardo DiCaprio (acteur, scénariste et producteur de cinéma américain engagé pour la défense de l’environnement)

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