Posted on: 5 mai 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

La figure de Napoléon Bonaparte est ancrée dans la mémoire de tous. Tantôt admiré, tantôt décrié, l’empereur a néanmoins laissé son empreinte sur toute l’organisation d’un pays. Le bicentenaire de sa mort est l’occasion de revenir sur l’héritage laissé pour la France et à travers le monde.

Qui était Napoléon ?

Napoléon Bonaparte, né le 15 août 1769 à Ajaccio et mort le 5 mai 1821 sur l’île Sainte-Hélène, fut un militaire et homme d’État français, premier empereur des Français, du 18 mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars au 22 juin 1815, sous le nom de Napoléon Ier.

Second enfant de Charles Bonaparte et Letizia Ramolino, Napoléon Bonaparte devient en 1793 général dans les armées de la Première République française, née de la Révolution, où il est notamment commandant en chef de l’armée d’Italie puis de l’armée d’Orient. Arrivé au pouvoir en 1799 par le coup d’État du 18 Brumaire, il est Premier consul jusqu’au 18 mai 1804, date à laquelle l’Empire est proclamé par un sénatus-consulte suivi d’un plébiscite. Il est sacré empereur, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804, par le pape Pie VII. Son épouse, l’impératrice Joséphine de Beauharnais, est également sacrée.

En tant que général en chef et chef d’État, Napoléon tente de briser les coalitions montées et financées par le royaume de Grande-Bretagne et qui rassemblent, à partir de 1792, les monarchies européennes contre la France et son régime né de la Révolution. Il conduit les armées françaises d’Italie au Nil et d’Autriche à la Prusse et à la Pologne : les nombreuses et brillantes victoires de Bonaparte (Arcole, Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland), dans des campagnes militaires rapides, disloquent les quatre premières coalitions. Les paix successives, qui mettent un terme à chacune de ces coalitions, renforcent la France et donnent à Napoléon un degré de puissance jusqu’alors rarement égalé en Europe, lors de la paix de Tilsit (1807).

Napoléon porte le territoire français à son extension maximale avec 134 départements en 1812, transformant Rome, Hambourg, Barcelone ou Amsterdam en chefs-lieux de départements français. Il est aussi président de la République italienne de 1802 à 1805, roi d’Italie de 1805 à 1814, médiateur de la Confédération suisse de 1803 à 1813 et protecteur de la confédération du Rhin de 1806 à 1813. Ses victoires lui permettent d’annexer à la France de vastes territoires et de gouverner la majeure partie de l’Europe continentale en plaçant les membres de sa famille sur les trônes de plusieurs royaumes : Joseph à Naples puis en Espagne, Louis en Hollande, Jérôme en Westphalie et son beau-frère Joachim Murat à Naples. Il crée également un duché de Varsovie, sans restaurer formellement l’indépendance polonaise et soumet temporairement à son influence des puissances vaincues telles que le royaume de Prusse et l’empire d’Autriche.

Objet dès son vivant d’une légende dorée comme d’une légende noire, il doit sa très grande notoriété à son habileté militaire, récompensée par de nombreuses victoires, ainsi qu’à sa trajectoire politique étonnante mais aussi à son régime despotique et très centralisé ainsi qu’à son ambition, qui se traduit par des guerres meurtrières (au Portugal, en Espagne et en Russie) avec des centaines de milliers de morts et blessés, militaires et civils pour l’ensemble de l’Europe. Il est considéré comme l’un des plus grands commandants de l’histoire et ses guerres et campagnes sont étudiées dans les écoles militaires du monde entier.

Alors qu’ils financent des coalitions de plus en plus générales, les Alliés finissent par remporter des succès décisifs en Espagne (bataille de Vitoria) et en Allemagne (bataille de Leipzig) en 1813. L’intransigeance de Napoléon devant ces revers lui fait perdre le soutien de pans entiers de la nation française, tandis que ses anciens alliés ou vassaux se retournent contre lui. Amené à abdiquer en 1814 après la prise de Paris, capitale de l’Empire français et à se retirer à l’île d’Elbe, il tente de reprendre le pouvoir en France, lors de l’épisode des Cent-Jours en 1815. Capable de reconquérir la France et d’y rétablir le régime impérial sans coup férir, il amène pourtant, suite à diverses trahisons et dissensions de ses maréchaux, le pays dans une impasse avec la lourde défaite de Waterloo, qui met fin à l’Empire napoléonien et assure la restauration de la dynastie des Bourbons. Sa mort en exil, à Sainte-Hélène, sous la garde des Anglais, fait l’objet de nombreuses controverses.

Un personnage qui a marqué les esprits

Une tradition romantique fait de Napoléon l’archétype du « grand homme » appelé à bouleverser le monde. C’est ainsi que le comte de Las Cases, auteur du Mémorial de Sainte-Hélène, tente de présenter Napoléon au Parlement britannique dans une pétition rédigée en 1818. Élie Faure, dans son ouvrage Napoléon, qui a inspiré Abel Gance, le compare à un « prophète des temps modernes ». D’autres auteurs, tel Victor Hugo, font du vaincu de Sainte-Hélène le « Prométhée moderne ». L’ombre de « Napoléon le Grand » plane sur de nombreux ouvrages de Balzac, Stendhal, Musset mais aussi de Dostoïevski, de Tolstoï et de bien d’autres encore. Par ailleurs, un courant politique français émerge au 19ème siècle, le bonapartisme, se réclamant de l’action et du mode de gouvernement de Napoléon.

Un héritage impressionnant toujours d’actualité

Deux siècles après sa mort, l’empreinte de Napoléon est toujours présente dans les institutions, la société et les arts.

Dès lors que l’on évoque son nom, on ne peut s’empêcher de revenir sur son impressionnant héritage : le Code civil, la Légion d’honneur, le baccalauréat, la numérotation des rues, le ramassage des ordures, les départements, les lycées, les préfets, les prudhommes, la Chambre de commerce, la Cour des comptes mais aussi le Conseil d’État. Concernant son influence sur la capitale, il faut citer l’Arc de Triomphe, le Canal de l’Ourcq, la rue de Rivoli, l’église de la Madeleine.

Une refonte de l’État français

Napoléon aura réformé durablement l’État, en restaurant son autorité et sa primauté. La France connaît d’importantes réformes, qui font de Napoléon l’un des pères fondateurs des institutions contemporaines françaises. En ce sens, les codifications napoléoniennes, dont le code civil de 1804, permettent de renforcer les libertés individuelles ou l’égalité des citoyens devant la loi, en opérant une synthèse par la garantie de certains acquis révolutionnaires et la reprise de principes traditionnels issus de l’Ancien Régime.

Les guerres napoléoniennes ont largement participé à la propagation du Code civil dans les pays occupés. Le Code civil ou « Code Napoléon », reste l’œuvre majeure de l’Empereur. De son exil à Sainte-Hélène, il dira : « Ma vraie gloire n’est pas d’avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires ; ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon Code Civil ».

Il a consolidé les divisions administratives créées sous la Révolution, notamment les départements et les cantons. Il a créé les préfectures, avec à leur tête un corps préfectoral destiné à représenter l’Etat. Nommé par celui qui est encore Premier Consul sur proposition du ministre de l’Intérieur, le préfet veille à l’ordre public, à la rentrée des impôts, aux affaires agricoles et économiques, ou encore au bon déroulement de la conscription. La constitution de l’an VIII (novembre 1799), dont il est le principal inspirateur, crée le Conseil d’Etat et le « Sénat conservateur », inspiré du Sénat de Rome. Sans cette centralisation napoléonienne, et ce système administratif hiérarchisé, la France aurait plusieurs fois volé en éclat estiment beaucoup d’historiens.

C’est Napoléon, également, qui a créé la Banque de France début 1800 pour relancer l’économie. La forme moderne du baccalauréat a été instaurée sous son initiative le 17 mars 1808 dans le cadre de la reconstitution de l’université française.

Enfin, on peut retenir que c’est Napoléon qui a instauré la Légion d’honneur pour récompenser les « mérites éminents », militaires ou civils.

Un impact sur la justice telle qu’on la connaît

En 1804, Napoléon réforme le système judiciaire en instaurant les Cours d’appel et la Cour de cassation. Deux ans plus tard, un premier Conseil de prud’hommes est créé à Lyon.

Une architecture empreinte de son règne

C’est la part la plus visible de l’héritage napoléonien. À Paris, où il a fait construire deux arcs de triomphe après la victoire d’Austerlitz, sa marque est omniprésente. Un premier arc est érigé Place de l’Etoile (rebaptisée Charles de Gaulle en 1970), un second place du Carrousel, près du Louvre.

La colonne Vendôme, autrefois « colonne d’Austerlitz », surmontée d’une statue de l’empereur, a également été érigée pour commémorer la bataille. Abattue en 1871 lors de la commune de Paris, elle a été reconstruite au même emplacement.

D’autres monuments de l’époque napoléonienne sont toujours en place, même si certains ont perdu leur fonction initiale, comme le Palais Brongniard, édifié en 1807 pour abriter la bourse de Paris. La construction de l’Eglise de la Madeleine a également été décidée sous le règne de Napoléon.

En province également, des dizaines de monuments, statues et de bâtiments de l’époque impériale perpétuent le souvenir de l’empereur.

Un impact conséquent sur l’urbanisme

Quelques-unes des plus prestigieuses avenues de Paris conservent le nom de batailles napoléoniennes (Austerlitz, Iéna, Wagram…) et l’avenue de la Grande armée prolonge les Champs-ELysées. Quant aux « boulevards des maréchaux » qui ceinturent la capitale, ils portent toujours le nom de 19 maréchaux d’empire, par-delà les régimes politiques et les soubresauts de l’Histoire.

Un héritage artistique

Le mythe de Napoléon s’inscrit également dans les arts. En dirigeant autoritaire, Napoléon a naturellement eu recours aux disciplines artistiques pour assurer la communication du pouvoir. Architecture, peinture, sculpture et arts décoratifs sont tour à tour entrés au service de la gloire de l’Empire. Mais le héros romantique qu’il incarne, superbe dans la victoire à Austerlitz comme dans la défaite à Waterloo, a aussi inspiré toute une génération d’écrivains à travers le monde, au point de devenir « la muse la plus féconde des poètes », selon l’expression du poète Pierre-Antoine Lebrun.

« Il n’y a que deux puissances au monde, le sabre et l’esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l’esprit » Napoléon Bonaparte (militaire et homme d’État français, premier empereur des Français)

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