Posted on: 13 mai 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Aujourd’hui est un jour férié mais pourquoi ? Explications autour de ce jeudi 13 mai 2021, jour où les chrétiens célèbrent l’élévation de Jésus vers le ciel après sa résurrection.

Le jour de l’Ascension est férié en France depuis 1801, une décision prise sous Napoléon Bonaparte mais il s’agit d’un férié mouvant, d’une année sur l’autre. Il est en effet fixé 40 jours après le dimanche de Pâques. Attention, en France, seul le 1er mai, jour de la Fête du travail, doit être obligatoirement un repos, c’est-à-dire un jour non travaillé, sauf dans les établissements et les services qui ne peuvent interrompre leur activité comme les hôpitaux. C’est pourquoi la plupart des magasins essentiels restent ouverts ce jeudi.

Le pont de l’Ascension s’annonce comme un air de vacances car il est le premier long week-end depuis la levée des restrictions de déplacement en France. D’après les informations du cabinet Protourisme relayées par le Figaro, plus de 12 millions de Français ont envisagé de partir.

Quelle est l’origine de l’Ascension ?

Pour les Chrétiens, le jeudi de l’Ascension a une signification bien précise. Il correspond à l’Ascension du Christ, c’est-à-dire le moment où Jésus s’élève vers le ciel. Cet événement marque la fin de sa vie terrestre, 40 jours après Pâques, c’est-à-dire sa résurrection (passage de la mort à la vie suivant la crucifixion). Cet épisode est décrit à la fin de l’Evangile selon Luc : Jésus emmène ses apôtres vers Béthanie, un village de Judée où il aimait se retirer pour fuir les persécutions de Jérusalem. Là, il les bénit. « Et il advint, comme il les bénissait, qu’il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. Pour eux, s’étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie, et ils étaient constamment dans le Temple à louer Dieu ».

Un autre récit de l’Ascension ouvre les Actes des Apôtres. Également écrit par Luc, il précise : « Vous allez recevoir, dit Jésus, une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ». Après avoir prononcé ce discours, Jésus se serait élevé vers le ciel avant de disparaître dans une nuée. Un ange aurait alors demandé aux apôtres de ne pas attendre pour faire écouter la parole du fils de Dieu. Pour les Chrétiens, cet épisode du départ de Jésus de la vie terrestre n’est pas considéré négativement : il s’agit en revanche du début de l’Eglise et de la « mission » de propagation de la foi catholique par les apôtres.

La période de 40 jours suivant Pâques correspond, selon la Bible, à la période où Jésus ressuscité, n’est pas encore monté au ciel et demeure sur Terre. Selon les Actes des Apôtres, le Christ « pendant quarante jours, était apparu aux apôtres et les avait entretenus du Royaume de Dieu » raconte Luc. C’est une période clef, puisqu’il démontre ainsi, selon les croyants chrétiens, sa résurrection. Les références à une périodicité de 40 jours sont nombreuses dans la Bible. Le motif apparaît dans la durée du déluge de Noé ou encore dans la retraite du Christ dans le désert, correspondant au Carême. L’Ascension précède elle-même de dix jours la Pentecôte.

Pourquoi le jour de l’Ascension est un jour férié ?

Le jeudi de l’Ascension est un jour férié en France. L’explication est simple : sous l’Ancien régime, les fêtes chrétiennes rythmaient la vie des villes et des campagnes. L’Ascension, comme Pâques, Noël ou les fêtes patronales étaient chômées dans un pays encore majoritairement rural. La Révolution française a tenté – sans succès – de les remplacer par de nouvelles célébrations laïques. Le Concordat signé en 1801 par Napoléon Bonaparte avec le pape Pie VII, rétablit quatre fêtes chrétiennes dans le calendrier : Noël, l’Ascension du Christ, l’Assomption de Marie (15 août) et la Toussaint.

On parle alors de « fêtes d’obligation ». Malgré la séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905, ces quatre dates demeurent chômées dans l’ensemble de l’Hexagone (l’Alsace et la Moselle la célèbrent également, tandis que la Saint-Etienne du 26 décembre et le Vendredi Saint ne sont chômés que dans les trois départements de l’est de la France). Par ailleurs, ce jour est férié dans de nombreux pays comme l’Allemagne, la Belgique ou la Suisse (mais pas l’Italie, l’Espagne ou le Royaume-Uni).

Ponts du mois de mai : d’où vient l’expression « faire le pont » ?

Le mois de mai 2021 sera décevant pour les amateurs de week-ends à rallonge : plusieurs jours fériés tombent en effet sur des jours déjà fériés ! Ils ne pourront donc pas faire le pont.

Mais d’où vient donc cette expression ?

Il y a 3 explications mais une seule est la bonne :

Réponse 1 : l’expression faire le pont apparaît sous Napoléon III, elle est utilisée par les fonctionnaires, les seuls à avoir droit à des congés payés à l’époque : elle désigne le fait de prendre un jour de congé pour relier ensemble deux jours fériés, comme les piles d’un pont.

Réponse 2 : « Sur le pont d’Avignon » est une opérette jouée pour la première fois à Paris en 1876, dans cette opérette qui connut un succès international en particulier avec sa chanson phare, tous les corps de métiers défilent et dansent plutôt que de travailler. Ils font donc « le pont ».

Réponse 3 : les habitants de Pont-à-Mousson, au bord de la Moselle, ont vu leur pont détruit à de multiples reprises à cause des guerres. Là-bas, faire le pont, c’était prendre des jours de congé pour participer à la reconstruction du pont, indispensable à la vie économique locale. L’expression s’est diffusée par la suite dans la langue française.

Alors ? Alors ? Vous avez une idée ?

En 1853, seuls les fonctionnaires ont droit à des congés payés, la bonne réponse est la réponse une !

Oui, l’expression faire le pont est assez récente, pour une bonne et simple raison : pour pouvoir faire le pont, encore faut-il avoir des jours de congé à poser et, comme vous le savez, les premiers congés payés, c’est au Front Populaire qu’on les doit, les 8 et 9 juin 1936.

Avant cette date, seuls les fonctionnaires d’État avaient des congés payés ! Ils leur ont été octroyés par Napoléon III dans un décret le 9 novembre 1853, leur accordant 15 jours. À l’époque ils n’étaient pas aussi nombreux qu’aujourd’hui, on en comptait 100 000 en 1845 et 265 000 en 1866.

Mais comme 15 jours, ce n’est pas beaucoup (mais mieux que rien du tout évidemment) nos fonctionnaires profitent des jours fériés pour allonger la durée de leurs congés. Non seulement ils inventent très vite le pont, chaque jour férié étant comme les piles du pont, et le jour posé entre les deux, faisant le tablier. Mais ils inventent aussi le petit pont, quand on pose seulement un jour et le grand pont, quand on en pose deux de suite !

Entre 1853 et 1936, la loi n’imposa pas de congés payés pour tous. C’est à chaque fois une initiative privée des employeurs, ou les conséquences de la lutte sociale, avec des syndicats à la manœuvre : les employés du métro obtiennent par exemple 10 jours de congés payés en 1900, les employés des usines de production d’électricité puis du gaz obtiennent eux aussi dix jours en 1905 et 1906. En revendiquant et en luttant.

C’est après la guerre que les choses iront très vite : troisième semaine de congés payés en 1956, quatrième semaine, en 1968 et cinquième semaine en 1982. Puis arrivent les 35 heures et les RTT en 2000, qui ont donné la part belle aux ponts aujourd’hui !

L’Aïd El Fitr, fête musulmane marquant la rupture du jeûne du mois de ramadan, tombe également ce jeudi

Ce jeudi 13 mai, qui marque le jeudi de l’Ascension, ne sera pas sacré que pour les catholiques. En effet, l’Aïd El Fitr, qui marque la fin du Ramadan, tombe aussi ce jeudi pour les musulmans.

La fête de l’Aïd El Fitr ou fin du Ramadan, en France, c’est pour le jeudi 13 mai 2021 de l’Ascension. Cette année, avec le pont du 14 mai, la fête de l’Aïd coïncide avec l’Ascension.

L’Aïd al-Fitr est la fête musulmane marquant la rupture du jeûne du mois de ramadan. Elle est célébrée le premier jour du mois de chawwal. À cette occasion, s’il ne s’en est pas acquitté pendant le ramadan, le fidèle doit s’acquitter de l’aumône de la rupture du jeûne ou Zakat al-Fitr. La prière (salat al aïd) a lieu en début de matinée et est effectuée soit dans une mosquée, soit en plein air dans un musalla permettant de rassembler plus de fidèles. Dans tous les cas, elle doit être commune. Dans sa forme, elle provient d’une forme plus ancienne que les salat quotidiennes ou du vendredi et est à associer à la ṣalat pour la pluie et à la ṣalt de l’éclipse.

La célébration de l’Aïd el-Kébir mêle une grande prière et des sacrifices traditionnels de moutons qui ont lieu dans le monde entier, donnant lieu à un repas de partage avec les proches et des personnes dans le besoin. De la Libye à l’Albanie en passant par le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et même les États-Unis, des musulmans du monde entier débutent cette célébration XXL le même jour. La tradition de la « fête du sacrifice » veut par ailleurs que la prière du début de l’Aïd précède le sacrifice de l’animal. Après la prière, la célébration se déroule sur quatre jours.

Si l’Aïd el-Kébir dure plusieurs jours, le premier reste le plus important pour les musulmans. Il marque en effet la fin du pèlerinage à La Mecque et, après la grande prière collective qui a lieu dans la matinée, les fidèles se retrouvent pour le sacrifice avant de partager un repas ensemble. Cette fête religieuse étant aussi basée sur le partage, une partie de la viande est traditionnellement offerte aux pauvres. Les fidèles mettent pour cette fête leurs plus beaux habits et multiplient cadeaux et aumônes.

« L’art devrait être comme un jour férié : quelque chose pour donner à un homme la possibilité de voir les choses différemment et de changer son point de vue » Paul Klee (peintre)

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