Posted on: 17 mai 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

L’actu de Manon continue de vous présenter les sorties culturelles dans la région. L’heure est à la réouverture et le Mucem ne fait pas exception. Le musée marseillais propose une exposition exceptionnelle autour du célèbre artiste contemporain légèrement barré Jeff Koons.

Le 19 mai ne sera définitivement pas une date comme les autres au Mucem. Elle marquera le retour à un peu de vie au sein du célèbre cube marseillais ​posé en bord de mer, dont les portes sont closes depuis près de sept mois en raison de l’épidémie de coronavirus.

Et pour célébrer l’événement, le Mucem a mis le paquet, en consacrant une exposition entière et inédite à une véritable icône, connue aussi bien pour son audace que pour ses œuvres instagramables à souhait.

Dès mercredi, l’Américain Jeff Koons investira en effet les couloirs du musée marseillais, pour une exposition inédite construite au terme de deux ans de réflexion. « Jeff Koons est l’artiste contemporain le plus connu du grand public », affirme Emilie Girard, directrice scientifique du Mucem. « C’est un artiste qui a eu une jeunesse un peu sulfureuse, créé le scandale, et qui s’intéresse aussi à la culture populaire ».

Qui est Jeff Koons ?

Jeffrey Koons, né le 21 janvier 1955 à York (Pennsylvanie, États-Unis), est un plasticien américain, sculpteur de style kitsch néo-pop. Parmi ses œuvres les plus célèbres figurent l’Inflatable Rabbit, les Balloon Dogs, les Tulips. En France, il organise Koons Versailles dans le Château et les Jardins de Versailles en 2008-2009 et sa Rétrospective au Centre Pompidou en 2014-2015.

Pour certains, « il est l’un des rares à avoir su dégager l’essentiel des courants avant-gardistes du siècle, notamment le pop art » mais c’est surtout un artiste cultivant le kitsch très apprécié par des milliardaires nouveaux riches. Il a été l’artiste favori du financier américain Bernard Madoff.

Il arrive dans le monde de l’art avec ses premières œuvres datant de la fin des années 1970, début des années 1980 avec la série The News. Il arrive donc après les grands mouvements de la première moitié du 20ème siècle et de l’après-guerre en Occident, soit après le minimalisme, le pop art, ou encore Marcel Duchamp.

Il se fait alors connaître grâce à une imagerie qui lui est propre : populaire, kitsch, froide, réalisée à partir de matériaux nobles comme le marbre, ou la porcelaine … Sa production est très hétéroclite, et est constamment entre deux tensions, traite toujours de deux opposés, ce qui rend ses œuvres à la fois kitchs et uniques, populaires et érudites, faciles et en même temps complexes.

Un « pari » pour convaincre l’artiste

Pour convaincre Jeff Koons d’installer ses quartiers d’été sur les bords de la cité phocéenne, les équipes du Mucem lui ont fait une suggestion aux allures de « pari » : celle de mêler, dans treize salles thématiques aux ambiances bien précises, les sculptures emblématiques de l’Américain aux centaines d’objets du quotidien qui s’entassent dans les réserves du Mucem. « On lui a proposé de créer des associations entre son travail, ses œuvres iconiques et un pan de notre collection pour créer des associations tantôt formelles, esthétiques, détournées, décalées ou sémantiques », détaille Emilie Girard

Une idée qui a séduit l’artiste : après trois jours de travail, Jeff Koons a ainsi sélectionné pas moins de 350 objectifs de la collection du Mucem, qui côtoieront 20 œuvres de l’artiste, dont 19 prêtées par la collection Pinault. « C’est la première fois que la collection Pinault prête autant d’œuvres de Jeff Koons en même temps », se réjouit la directrice.

L’artiste vivant le plus cher du monde

Cette exposition mêle des structures ludiques et une grande prouesse technique. « On lui a ouvert les portes, il est venu à plusieurs reprises passer des journées entières de travail, à ouvrir les tiroirs à sélectionner des objets. On a continué ensuite le travail à distance, par mail, et on a, petit à petit, affiné la sélection qui est aujourd’hui présentée dans l’exposition », détaille Émilie Girard.

Les structures ludiques relèvent d’une prouesse technique, fabriquées en acier inoxydable, et peintes pour créer un effet bouée.

Une première en Europe

Aussi, le célèbre Balloon Dog magenta de Koons, gigantesque réplique en acier d’un ballon gonflé en forme de chien, fait face à un mur de photos noir et blanc du clown Mimile. Plus loin, Hanging Heart, immense cœur rouge suspendu telle une décoration de Noël par un ruban doré, se retrouve entouré d’ex-voto, également en forme de cœur.

« La série Celebration, il l’a imaginée autour des fêtes calendaires, autour des événements, des anniversaires d’enfants », explique Émilie Girard. Jeff Koons aime les objets de tous les jours, leur esthétique et leur simplicité. Il est invité au Mucem pour choisir dans la collection du musée les objets qui seront confrontés à ses œuvres.

Des installations monumentales qui ont demandé beaucoup de travail aux équipes du Mucem. « Il a fallu démonter une partie du musée pour les faire rentrer », s’amuse Emilie Girard, qui se souvient encore des longues heures nécessaires pour aligner au millimètre près certaines sculptures, comme le souhaitait Jeff Koons.

Clou de l’exposition, pour la première fois en Europe, les visiteurs pourront admirer Bluebird Planter, sorte de jardinière multicolore en acier inoxydable baignée de lumière, avec de vraies fleurs cueillies à quelques kilomètres de là, à Arles. Une œuvre unique que les marseillais pourront admirer derrière leurs masques jusqu’au 18 octobre.

« La vie m’a appris que si on ne suit pas son intuition, que si notre intuition dit quelque chose que l’on refuse d’écouter, alors on part forcément dans la mauvaise direction » Jeff Koons (plasticien américain, sculpteur de style kitsch néo-pop)

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