Posted on: 18 juin 2021 Posted by: manonquenehen Comments: 0

Le chef de l’État a célébré, ce vendredi matin, le 81ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940, en compagnie de Léon Gautier et Hubert Germain.

Une commémoration symbolique

Le président Emmanuel Macron célèbre vendredi le 81ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, en présence du dernier compagnon de la Libération, Hubert Germain, ainsi que du seul survivant du commando Kieffer, Léon Gautier, qui sera décoré. Le chef de l’État a assisté, dans la matinée, à la traditionnelle cérémonie militaire au mémorial du Mont-Valérien près de Paris, principal lieu d’exécution de résistants et d’otages en France par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’envolera ensuite pour Berlin pour un dîner de travail avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Pourquoi cette commémoration ?

Au lendemain de son arrivée à Londres le 17 juin 1940, de Gaulle avait appelé les militaires, ingénieurs et ouvriers français à le rejoindre pour poursuivre la lutte contre l’Allemagne nazie, malgré l’armistice demandé par le maréchal Pétain. « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas », avait-il déclaré en concluant sa célèbre intervention radiophonique, que très peu de Français avaient alors entendue.

Un appel devenu célèbre mais raté à l’époque par la population

« Personne ne l’a entendu, l’appel ! ». Résistant de la première heure, parti à Londres fin juin 1940, Hubert Germain, fêtera cet été ses 101 ans. Il y a 81 ans, ce n’est pas l’appel du 18 Juin qui l’a décidé à rejoindre la Résistance. « On ne va pas recommencer ce cinéma-là, personne ne l’a entendu, l’appel ! On a tous entendu ce laïus effrayant du maréchal Pétain, disant qu’il fallait terminer la guerre et déposer les armes. Ça a été un choc ».

Légionnaire pendant la Seconde Guerre mondiale, Hubert Germain a combattu en Syrie, en Libye, où il a participé à la bataille de Bir Hakeim, en Égypte, en Italie, en Provence, dans les Vosges et en Alsace. Blessé et décoré par le général de Gaulle fin juin 1944 en Italie, le vétéran aujourd’hui pensionnaire des Invalides est le dernier survivant de l’ordre de la Libération créé par le chef de file de la France libre.

Retrouvez le texte complet de l’appel du 18 juin 1940 ci-dessous !

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte.

Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire de notre malheureux pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la Flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres ».

« Je sais mal ce qu’est la liberté, mais je sais bien ce qu’est la libération » André Malraux (écrivain, aventurier, homme politique et intellectuel français)

Leave a Comment